Réductions salariales: Oumara Mgomri persiste et signe

Après le baptême de feu la semaine dernière avec le personnel, le directeur fraichement nommé de la société comorienne de l’eau et de l’électricité se dit « déterminé » à aller jusqu’au bout pour mener les reformes qu’il qualifie de « vitales » pour sauver une société en état de « mort clinique ». Des reformes qui se résument en trois substantifs : réduction du train de vie, réduction de la masse salariale, zéro dette et croissance.

Surnommé « kamikaze » par ses proches amis pour avoir accepté d’être à la tête d’une société complexe et agonisant, Oumara Mgomri dit ne pas être gêné par ce surnom. A l’entendre, il est même prêt à aller au front pour sauver la Ma-Mwe, une société plongée dans le « coma » et maintenue sous « aspiration artificielle par l’Etat ». Pour espérer la faire sortir de cet état, le nouveau patron dit prendre des mesures « certes impopulaires » mais « nécessaires pour la survie de la société.

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Face à la presse, qu’il a conviée pour sa première conférence de presse, il dit s’attaquer aux « dépenses inutiles » engagées au bénéfice du clergé de la société. Et d’énumérer certains privilèges abolis comme les quotas de carburant, des crédits d’appel téléphonique et aux innombrables indemnités notamment celles de logements.

Conscient du fait qu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs, le patron de la Ma-Mwe s’est étalé sur le casse-tête de la masse salariale. « Avec une masse salariale d’un 1,1 milliards francs en une seule année, la société court sans doute à l’asphyxie », s’est-il étonné. Pour lui, la réduction des dépenses qu’il a estimées à 9,9 millions francs par rapport à une recette de 4.8 millions francs et aussi celle de la masse salariale est un « passage obligé ».

Il démunie alors son propre salaire pour donner l’exemple avant de l’exiger aux autres. Il passe de 600.000 francs à 350.000 francs. D’où une marge de réduction qui varie entre 24% à 8% pour tout le personnel. Une véritable politique d’austérité dictée selon lui par la conjecture économique actuelle.

Par rapport à une masse salariale exponentielle, le directeur dit se trouver en face d’un dilemme, soit limoger plus de 200 agents ou réduire les salaires pour l’équilibre financier de la boîte. Il dit opter pour le second choix, « le moins mauvais mais plus pratique », a-t-il fait savoir. Selon lui, la société est débitrice d’un montant de 1.5 millions francs à des particuliers. Et de s’emporter contre ceux qui veulent toujours « sucer le sang d’un cadavre », allusion à la société.

Par ailleurs, le directeur a épinglé l’accord tacite liant la Ma Mwe et la SCHC. A l’entendre l’accord est désuète et irrationnel, il devait y avoir une « renégociation » pour l’achat d’un litre de gazole qui est fixé à 400 francs alors que selon lui le prix était de 250 francs il y a quelques année. Et pendant que le prix du kilowattheure stagne à 120 francs depuis belle lurette. Au cours de cette rencontre avec les journalistes, le patron de la Ma Mwe dit être conscient de la tache qu’il se donne mais aguerri quant au pilotage d’un tel processus. Pour rappel, l’homme est considéré comme le principal artisan de la scission de l’ancienne Société nationale des postes et télécommunications (Snpt), donnant naissance à deux entreprises distinctes, Comores télécom et la SNPSF.

Maoulida Mbaé

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