Référendum constitutionnel : chaud devant !

Dans cette crise politique que traverse le pays, l’heure n’est plus à l’apaisement mais au forcing. Le gouvernement a décidé d’organiser contre vent et marrée le référendum constitutionnel du 30 juillet 2018. Il n’en a cure des protestations de l’opposition, des organisations de la société civile et de l’avis de la communauté internationale.

Après avoir neutralisé l’arbitre du scrutin référendaire, la Cour Constitutionnelle, renforcé sa mainmise sur les instances « indépendantes  » en charge d’organiser le scrutin, la Commission Electorale Nationale Indépendance et les Commissions insulaires des élections avec la complicité de la Cour Suprême qui donne des instructions sur la composition de ces organes pourtant prévue par le code électoral, le pouvoir exécutif s’emploie à bâillonner l’opposition. Les manifestations sont sévèrement réprimées par les forces de l’ordre alors que celles du pouvoir sont tolérées et couvertes par la télévision nationale. Les principaux leaders de l’oppositions sont soit condamnés ou en détention provisoire, soit sous la menace d’une inculpation suivie d’ un emprisonnement dans le dossier de la citoyenneté économique. Le Vice-président de l’Union, Djaffar Ahmed Said, qui a eu le courage de dénoncer l’illégalité des actes pris par le Chef de l’Etat dans le cadre de l’organisation du scrutin référendaire, a été dépouillé de ses attributions ministérielles ce 28 juin 2018. Il fait l’objet d’un lynchage médiatique sans scrupule. Il est placardisé et s’ occupe désormais, sans que l’ on demande son avis comme le stipule la constitution, de la Cohésion sociale.

Ainsi, la peur règne, le règne de la peur s’installe dans le pays et le pouvoir pavoise. Dans son discours prononcé à l’occasion de la célébration de ses 2 ans de pouvoir dans le Dimani, le Chef de l’Etat a donné les estimations des résultats du « Oui » au referendum du 30 juillet 2018 : 90 % à Mohéli, 80 % à Anjouan et 70 % à la Grande Comore. Les Carottes sont bien cuites, le Président de l’Union va s’offrir une constitution sur mesure, sans contre-pouvoir, une constitution qui lui permet même de delégiférer des lois adoptées par l’Assemblée de l’ Union et rester au pouvoir, sans préciser les délais, après la promulgation de la loi référendaire jusqu’ à la mise en place des nouvelles institutions comme si elles en existent. Haya, nala yélé!!!

Comores droit

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