Réforme de la justice, le défi titanesque mais indispensable de Fahmi

L’ambition titanesque du nouveau président Azali est « de faire des Comores un pays émergeant ». S’il est difficile de croire qu’au bout de cinq ans, ce vœu soit devenu réalité, Azali est capable de poser les fondations solides indispensables aux économies émergentes.

Il est raisonnable d’envisager qu’à l’horizon 2020 les fondamentaux (énergie, routes, eau, télécommunication) soient acquis totalement ou en grande partie.Malheureusement, le président sortant Ikililou DHOININE a lamentablement échoué sur l’énergie, avec les errances des dirigeants successifs à la Mamwe, sur « la réfection des 500 km de routes », et sur la fourniture d’eau dans le pays.

De plus, le régime actuel a l’opportunité de pouvoir tracer pour le pays les grandes orientations de son économie : le tourisme, la vanille, l’ylang-ylang, la pêche au thon … Par exemple, en 2015 notre voisin, les Seychelles ont accueilli 1 million de touristes pour environs un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros. Ce secteur représente 60 % de leur PIB, suivi par la pêche au thon dont ils sont les fournisseurs de pays d’Azie, d’Europe et d’Amérique du sud…

Les Comores : destination touristique de choix, une industrie de pêche compétitive ? Le rêve peut devenir réalité.

Encore faut-il oser et pouvoir prendre le taureau par les cornes : mettre fin à la corruption. Sans un état de droit, une justice performante, il n’y aura pas la confiance des investisseurs étrangers et locaux, leurs biens n’étant pas en sécurité. Puisque les auteurs d’actes de corruption bénéficieront encore et toujours de l’impunité.

Fahami SAID IBRAHIM, nouveau garde des sceaux, ministre de la justice et avocat au barreau de Moroni  connaît bien cette pieuvre ravageuse – la corruption –  qui a répandu ses tentacules partout dans l’appareil judiciaire, l’exécutif et de nombreux autres domaines.

Sous Ikililou, le mode opératoire de la corruption était bien rodé : les affaires de corruption étaient instruites et envoyées par la cellule anti-corruption à la justice où le procureur Sako se chargeait de les classer sans suite.

Le nouveau ministre saura-t-il réformer le système judiciaire pour garantir :

L’indépendance de la justice. Les magistrats ne doivent plus obéir au doigt et à l’œil du président de la république ou du ministre de l’intérieur. En revanche ils doivent être contrôlés par une instance supérieure, « un conseil supérieur de la justice » par exemple.

L’Efficacité de la justice. Atteindre un nombre conséquent de dossiers traités. Ouvrir un tribunal spécialisé sur la corruption.

La transparence de la justice. Déclaration de patrimoine pour les magistrats et professionnels de la justice. Ces derniers sont soumis au contrôle du « conseils supérieur de la justice ».

Affaire TOIMIMOU, le baptême de feu pour Faham

S’il est trop tôt de répondre à la question posée plus haut, la quiétude des 100 jours étant de rigueur, les Comoriens portent leur attention sur la première affaire de détournement de biens de l’état, sous le régime Azali.

L’affaire : le directeur de la société d’état chargée des Travaux publics, Monsieur TOIMIMOU a été arrêté et se trouve actuellement entre les mains de la police. Il est soupçonné d’avoir détourné du matériel appartenant aux services des travaux publics pour le vendre à la société CBE. Monsieur TOIMIMOU s’était fait remarqué quelques mois auparavant dans une affaire de détournement de machines à coudre destinées à une association d’aide aux handicapés.

Les Comoriens ont fait le choix de renvoyer l’équipe Ikililou-Mamadou-Msaidié, espérant voir avec vous, une page se tourner. Place à l’action, maintenant.

Cheick Hassane

1 commentaire sur Réforme de la justice, le défi titanesque mais indispensable de Fahmi

  1. En effet il en faut des reformes non seulement dans la justice mais dans plusieurs ministères. J’ai hâte de voir la machine en marche.Maître Fahami est certes dans son domaine et on ne pouvait pas prétendre mieux, je suis convaincu et surtout confiant.Cependant, je suis un homme de presse licencié en 1982 parce que je me suis servis du droit international sur la liberté d’expression dans le cadre de mes fonctions.Trente quatre ans ont passé et depuis l’extérieur, je constate qu’il n’y a eu aucun progrès dans ce domaine.La justice restera la source d’égalité d’un peuple.L’information est très importante car un peuple averti est un peuple tranquille.Bonne chance Maître Fahami

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