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Réhabilitation de la RN2 «L’importance n’est pas la durée mais plutôt la solidité et l’entretien»

Le retard qu’accuse Eiffage concernant les travaux de réhabilitation de la RN2, pousserait quelques membres du gouvernement à envisager sa substitution. Contre cette conception, Chamsoudine M’madi Ali, ancien porte-parole de l’association Usukani wa massiwa, souligne que l’importance n’est pas la durée mais plutôt la solidité, sur le contrôle et l’entretien des infrastructures.

Deux ans que la société française Eiffage poursuit la réhabilitation de la route nationale RN2 Moroni-Foumbouni, pour des travaux qui devraient finir au bout de 14 mois. Après dépassement du délai prévu des travaux, la société s’est vu accorder 8 mois supplémentaires pour finir le chantier. Mais hélas, des membres du gouvernement songent déjà à remplacer Eiffage, en vue de libérer la circulation sur la RN2. Selon Chamssoudine M’madi Ali, ancien porte-parole du syndicat Usukani Wa Massiwa, l’attention doit se porter sur la solidité des travaux. « Combien d’investissements a-t-on eu pour réhabiliter des routes. Ont-elles duré ? C’est d’ailleurs ce qui explique la confrontation récente entre le gouvernement et l’Union européenne. Cessons de retoucher les routes au profit d’une réhabilitation durable du réseau routier », explique-t-il. Et de poursuivre que « le vrai problème de ce pays, concernant les travaux des routes, c’est le contrôle. Je tiens à faire comprendre que la RN2, les travaux avancent et reculent car la BAD a investi et suit de près les dosages d’argile et les mesures dimensionnelles de la route à travers un agent qui est sur place ».

Mais mise à part ce contrôle technique effectué par la Banque Africaine de Développement, est-ce que les ministères en charge de la réhabilitation du réseau routier, notamment celui des finances et de l’aménagement du territoire s’informent de l’évolution des travaux ? « La région de Bambao est très exposée aux aléas naturels. Elle est souvent inondée en période des pluies, donc la société doit tenir compte de ces aspects qui pourraient abimer la route rapidement », montre à son tour Abdoulghafour, un agent d’Eiffage.

Sur ce point Chamssoudine complète que la réhabilitation de la RN2 ne peut se faire comme celle des autres voies, vue les aléas naturelles. Dans son discours de la pose de la première pierre à Mde, le président Azali Assoumani avait déclaré que le pays est sur la voie de l’émergence et a interpellé Eiffage. « C’est pour se faire valoir qu’elle va doucement sinon elle passerait vite pour courir à d’autres travaux. Donc je souhaiterais que le président se rende sur les lieux voir son évolution », dit-il.

Hormis la solidité des travaux routiers, notre interlocuteur a beaucoup misé sur l’entretien des routes. « Je tenais à préciser que des investisseurs du pays investissent 25 millions par semaine destinés à l’entretien routier. La mairie de Moroni a le droit d’écrire à la direction de la route et au FER pour que les nids de poule de la capitale soient rebouchés », implore-t-il pour éviter les rafistolages avec du ciment qui réduisent encore plus la durée de vie de la route et pour que l’argent destiné à ce genre de travaux ne soit pas utilisé à d’autres fins.

Kamal Gamal/ LGDC

La Rédaction

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