Repenser la coopération Comores-Maurice

Pour un statut d’un Comores émergeant dans un futur proche, Maurice doit être une source d’inspiration socioéconomique importante dans la mesure où il est passé d’un pays en voie de développement au statut de pays nouvellement industrialisé, comme la Tunisie, la Malaisie etc. Au cours de ces 30 dernières années, ce pays ami à plusieurs égards, a opéré des changements structuraux déterminants… afin de s’adapter aux conditions d’une économie moderne. D’une économie agricole basée sur la canne à sucre, il a su rapidement redéployer sa base économique à des secteurs productifs très concurrentiels comme le textile, le tourisme, les services financiers, les nouvelles technologies et les énergies renouvelables. Un tel exploit est le fruit de plusieurs contextes et atouts majeurs, notamment l’éducation civique et populaire, la stabilité socioéconomique et politique, l’ouverture extérieure, l’intégration régionale, le multilinguisme, et sa proximité culturelle et partenariale avec l’Asie. Comme disait John Fitzgerald KENNEDY, nous devons penser l’éducation comme moyen de développer nos plus grandes capacités.

Comment impulser un développement harmonieux aux Comores sans insuffler une éducation d’excellence aux générations futures ?

De tout temps, nos politiciens s’inspirent de l’ile Maurice sans créer un véritable axe stratégique Comoro-mauricien comme l’axe franco-allemand. Or l’expertise entrepreneuriale mauricienne est à la croisée du chemin de l’Europe, l’Asie et l’Afrique. A preuve, son industrie du textile se positionne parmi les meilleurs en gamme au niveau mondial en créant leur propre label Made in Mauritius. La certification qualité de l’industrie tant hôtelière que touristique attire les grands spécialistes du tourisme mondial. L’excellence de ses nouvelles technologies de l’information et de la communication, avec la création des cybers cités, des énergies renouvelables et des plateformes financières font de Maurice un allié et concurrent stratégique pour des grandes marques européennes et américains.

En définitive, Maurice a toujours été un ami fidèle des Comores, mais pas un allié stratégique. Je pense qu’il est temps de repenser notre coopération bilatérale avec ce pays émergeant en valorisant nos économies productives locales, notamment la vanille, girofle, la pèche, la canne à sucre, le tourisme, le textile, le micro crédit, les tontines, la bijouterie, les énergies renouvelables, etc… Ainsi, nous pouvons bénéficier d’une expertise moins chère, rentable et efficace.

Said Ali Said Athoumane

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