Riama Moussa : «Je crois qu’il y a de l’avenir»

wpid-screenshot_2015-10-30-10-42-31-1.png

LECTURE. «Je lance un appel au gouvernement pour qu’il soutienne notre action et accompagne la lecture publique, aux parents pour qu’ils accompagnent leurs enfants, et à ces derniers pour qu’ils pérennisent cet engouement».

image

Riama Moussa! Cette native de Majunga et originaire d’Ikoni ya Bambao dirige l’Association des bibliothécaires des Comores (Abc) depuis sa création en 2008.  Son nom est actuellement célèbre dans les milieux de la lecture francophone aussi bien sur le plan régional que national. Elèves, parents, dirigeants d’écoles, entre autres, tout le monde en parle. Et ce n’est pas par hasard.

En effet, celle qui a effectué ses études supérieures à l’école des bibliothécaires, archivistes et documentaliste (Ebad) du Sénégal, est parvenue à booster l’activité des bibliothèques qui étaient entrés dans une longue période de léthargie.

La responsable de la médiathèque de l’Alliance française, depuis 2005, a réussi à remotiver les jeunes, à les drainer vers ces milieux d’échanges, de réflexion et d’enrichissement de la langue que sont les bibliothèques. Désormais, de nombreux jeunes commencent à aimer la lecture.

Le secret de sa réussite? La présidente de l’Abc a mis en place plusieurs activités qui plaisent aux jeunes, notamment le championnat de lecture, les ateliers de lecture et d’écriture, les animations de contes et les expositions.

«Cette année, nous avons également mis en place les championnats nationaux d’orthographe et de scrabble qui ont connu beaucoup de succès dans tout le pays. Nous comptons d’ailleurs renouveler ces expériences avec celle du «rallye lecture» l’année prochaine», a déclaré l’enfant d’Ikoni.

Concours, formation, etc.

Riama Moussa a expliqué, en outre, cette réussite par la mise en place de plusieurs formations dans le domaine. «Les bibliothécaires ont bénéficié de plusieurs formations sur l’animation et la gestion des bibliothèques, mais également sur le renforcement de la langue», notamment avec la Cnfpt et «Appui au français aux Comores» (Afc).

Riama Moussa et l’Abc ont su collecter des fonds et tisser des relations de partenariat pour accompagner les bibliothèques et former les animateurs aux techniques d’animation et de gestion de bibliothèques. On peut citer les dons du Rotary Club, Fsp, de la Coordination des bibliothécaires en action culturelle (Cobiac) et le partenariat avec l’Association des bibliothécaires de Mayotte (Abm).

«Je lance un appel au gouvernement pour qu’il soutienne notre action et accompagne la lecture publique, ne serait-ce qu’en répondant à leur invitation en venant assister et encourager les jeunes, aux parents pour qu’ils accompagnent leurs enfants, et à ces derniers pour qu’ils pérennisent cet engouement».

Passer la main

Elle rappelle que les portes restaient grande ouvertes pour les autres enfants qui n’ont pas eu l’occasion de fréquenter ces bons milieux de distraction et d’apprentissage que sont les bibliothèques.

Riama Moussa se dit confiante quant à l’avenir de l’Abc même si, constate-t-elle, le temps manque terriblement aux jeunes. «J’aimerai passer la main et je crois qu’il y a de l’avenir», a dit celle qui est à son troisième mandat à la tête de l’association.

Riama Moussa est née à Majunga, à Madagascar, en juin 1975. Après ses études supérieures à l’Ebad au Sénégal, elle a eu à travailler au Sénégal à l’Abb Herlicq, une société russe de vente et d’installation électriques, dans le cadre de la mise en place du système de classement et de gestion de clients et, pendant deux ans, à la banque des Etats d’Afrique centrale (Beac) au Cameroun.

Rentrée au pays en 2001, elle a monté sa propre entreprise de consultation en gestion documentaire. «Dans ce cadre, j’ai mis en place le système de classement des documents de la Banque centrales des Comores, de l’Union des chambres de commerce des Comores et de l’Union européenne (Ue) avant de gérer pendant un an et demi la bibliothèque de l’Udc».

Depuis septembre 2005, Riama Moussa est la responsable de la médiathèque de l’Alliance française de Moroni.

Nassila Ben Ali / Alwatwan

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*