Russie : des députés veulent qualifier certains médias "d’agents de l’étranger"

Les médias qualifiés d'agents étrangers sont ceux qui traitent de l'actualité politique en Russie et dont le financement provient d'Etats, d'organisations ou de citoyens étrangers, représentant au moins 50 % de la totalité de leurs revenus

Des députés russes ont déposé vendredi 23 novembre un amendement proposant d’étendre aux médias la nouvelle loi qualifiant d’« agents de l’étranger » les ONG bénéficiant d’un financement étranger, selon les agences russes. L’amendement a été déposé à la Douma (Chambre basse du Parlement) par deux députés du parti au pouvoir Russie unie, Evgueni Fedorov et Anton Romanov.

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LISTE DES MÉDIAS « AGENTS DE L’ÉTRANGER »

Il propose de qualifier d’« agents de l’étranger » les médias traitant de l’actualité politique en Russie et bénéficiant de financements provenant d’Etats, d’organisations ou de citoyens étrangers, représentant au moins 50 % de la totalité de leurs revenus, explique Interfax. Les députés proposent aussi de dresser un registre recensant les médias « agents de l’étranger ». Cette liste serait établie par le gouvernement russe.

Le chef du conseil consultatif pour les droits de l’homme auprès du Kremlin, Mikhaïl Fedotov, a critiqué cet amendement. « Cette initiative me semble étrange, surtout si l’on tient compte du fait que nous vivons dans un monde de l’information ouvert », a-t-il déclaré, soulignant que l’amendement toucherait aussi les médias étrangers, selon Interfax.

AMENDES DE 300 000 ROUBLES

Promulguée en juillet par le président Vladimir Poutine, la loi qualifiant les ONG d’agents de l’étranger est entrée mercredi en vigueur. Elle oblige ces ONG à s’afficher en tant qu’« agents de l’étranger » dans toute communication ou activité publique et les soumet à un contrôle financier très strict.

Le terme d’« agent de l’étranger » ne signifie pas en soi que les ONG sont impliquées dans des activités d’espionnage, mais dans la langue russe il a une connotation très négative, associée à un comportement antipatriotique. Des amendes allant jusqu’à 300 000 roubles (7 500 euros) et des peines de prison pouvant atteindre deux années sont prévues en cas de violation de la loi.

Des analystes ont perçu cette nouvelle législation comme une réponse aux critiques émises par les ONG sur le déroulement des élections législatives de décembre et de la présidentielle de mars remportée par Vladimir Poutine.

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