Sambi et ses partisans: Ne touchez pas à la constitution…

Sambi et ses partisans occupent le terrain politique, multipliant les actions de masse, et abreuvant le débat politique de leurs certitudes constitutionnelles grosses de menaces ouvertes.

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En interprétant la constitution en leur faveur, ils ne font pas mystère d’imposer la candidature de l’homme au turban, si celle-ci était invalidée, au risque de mettre le pays à feu et à sang.

Beaucoup de personnes, même des hommes politiques normalement avisés sont tentés de soutenir cette candidature, dans le but caché de se débarrasser à jamais d’une constitution qui les gêne.

​Mais attention de ne pas précipiter encore le pays dans les abysses du chaos.

​Pourquoi un tel acharnement contre la constitution actuelle ?

Certains comme le mégalo Sambi veulent utiliser la constitution pour arriver au pouvoir, puis l’abroger.

D’autres, nostalgiques du centralisme, les Unionistes à toutprix, veulent tout simplement se défaire d’une constitution qualifiée de séparatiste.

Mais, même en étant dénaturée par le référendum de Sambi du 17 mai 2009, cette constitution reste la plus juste, la plus démocratique et la plus équitable de nos 40 ansd’indépendance.

Sambi l’a modifiée profondément : remplacement de la loi fondamentale des îles en loi statutaire (art 7), limitation des larges compétences des îles au profit de l’Union (article 9), modification des présidents des îles en gouverneurs, mandat présidentiel etc.

Mais même avec cette attaque en règle  du mégalo Sambi, la présente constitution reste la meilleure protection des intérêts des citoyens de l’archipel des « Comores » :

Dans un pays où le président exerce un pouvoir absolu, où les partis politiques d’obédience familiale et régionale n’ont aucune influence, où les média embryonnaires restent muselés, les îles restent le seul rempart pour la démocratie.

C’est ainsi que l’édifice constitutionnel est bâti sur les îles, les entités au sein desquelles vivent les populations et qui traduisent leurs véritables intérêts.

​Dans cette constitution, ce sont les îles qui fondent la légitimité de l’Union,

​Ainsi dès le préambule : « Le  peuple comorien affirme solennellement sa volonté de….se doter de nouvelles institutions … et garantissant un partage du pouvoir entre l’Union et les îles qui la composent afin de permettre à celles-ci de concrétiser leurs aspirations légitimes, d’administrer, gérer librement et sans entrave leurs propres affaires et de promouvoir leur développement socio-économique. »

​Et plus loin : « Proclame…l’égalité des îles en droits et en devoirs »

Au sommet de l’état, chaque île possède un représentant, son vice-président élu au suffrage universel :

​« Le président et les vice-présidents sont élus ensemble au suffrage universel direct majoritaire à un tour pour un mandat de 5 ans…. ». Article 13.

​« Le président de l’Union, assisté des trois vice-présidents nomme les ministres et les autres membres du gouvernement -article 16- 

« En cas d’empêchement définitif … le vice-président issu de l’île à laquelle échoit la tournante, termine le mandat ».

Pour terminer, les vice-présidents, comme le président de l’Union, nomment chacun un membre de la cour constitutionnelle (cf article 37).

Peut-on douter après cela, que cette constitution se fonde sur le pouvoir et le contrôle des îles.

Est-ce que la place et le rôle dévolus aux îles, n’éclairent-ils pas comment on devrait interpréter la constitution, si doute il y avait.

​Mais de doute, il n’y en a pas, n’en déplaise à ceux qui veulent déstabiliser le pays.

​Nous terminerons avec la question centrale, la fameuse tournante.

« La présidence est tournante entre les îles- Article 13 ». Cela est limpide : il ne s’agit pas de primaire, on dit bien LA PRESIDENCE.

S’il ne s’agissait que de vote, on aurait dit  la primaire est tournante ou la première phase des élections présidentielles est tournante, mais ici il ne s’agit pas de vote, mais bel et bien de la présidence qui passe d’une île à une autre.

Et comment la présidence peut-elle passer d’une île à une autre, si un citoyen d’Anjouan peut se présenter à la Grande-Comore et vice-versa ?

Le législateur a été encore plus explicite, dans l’article 14 qui traite de l’empêchement du président : « si la vacance ou l’empêchement définitif intervient au-delà des 900 jours, le vice-président issu de l’île à laquelle échoit la présidence, termine le mandat. »

Et plus loin  …durant les premiers 45 jours, les fonctions du président sont exercées par le vice-président issu de l’île à laquelle échoit la tournante »

Il ressort donc de cela, que le président et un de ses vice-présidents sont bel et bien issus d’une même île, celle à laquelle échoit la tournante.

Et  c’est bien le vice-président  de cette île qui remplace le président issu de la même île que lui.

Comment peut-on interpréter autrement la constitution, sinon par appétit du pouvoir et par goût de troubles ?

En effet, dans un pays insulaire sans traditions démocratiques ancrées, ni de sens élevé de l’intérêt public ou national, dans un pays fortement marqué par le régionalisme politique, la tournante constitue un élément essentiel de rééquilibrage des pouvoirs et des ressources autant qu’une affirmation forte de la volonté du vivre ensemble dans l’équité.

Il est indubitable que cette constitution favorise les îles. Qui n’a pas intérêt à cela ?

Ceux qui veulent un pouvoir absolu l’ex président Sambi qui ne voulait pas entendre parler du tour de Sambi.

Ceux qui  sont pour la centralisation au détriment des îles de la périphérie.

Quelles solutions ont été apportées au déséquilibre entre les îles, et l’aggravation des conditions d’existence des populations d’Anjouan et de Mohéli ?

Qu’est-ce qui a été fait pour ces îles, pendant 40 ans d’indépendance ?  Les causes qui ont provoqué l’embrasement à Mayotte, puis à Mohéli avant la révolution anjouanaise sont toujours là. Il faut donc faire attention…

Même ce qui avait été prévu dans la constitution actuelle, n’a pas été mis en œuvre : non pas la tournante de la capitale, mais la délocalisation de certains services d’état : «Moroni est la capitale de l’Union. Une loi organique porte statut de cette ville et détermine les îles où siègent les institutions de l’état. » Art 2.

A ceux qui s’attaquent à la constitution actuelle, en disant qu’elle est budgétivore, qu’ils osent dire et prouvent que c’est à cause de cela, que le pays va aussi mal, qu’il est géré sans projet de développement, sans lumière, sans eau, sans système éducatif et de santé dignes de ce nom, sans garantie de paiement des salaires, dans la misère et le désespoir.

Les causes sont ailleurs : manque d’honnêteté de la part des dirigeants, manque de volonté de servir les autres et les plus humbles, et accessoirement manque de compétences et d’intelligence politique…

Nous appelons tous les Anjouanais à s’opposer  au détournement de la tournante par Sambi, et à la modification de cette constitution, sous des prétextes fallacieux, au risque de revenir à un pouvoir hyper centralisé et absolu.

Nous appelons tous ceux qui sont pour la stabilité, de refuser la liquidation de la présente constitution, qui constitue pour l’instant un rempart contre les putschs et les coups d’état permanents.

Nous appelons la cour constitutionnelle à prendre toutes ses responsabilités en la matière, pour la défense conséquente de la constitution. :

« Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent à toute autorité ainsi qu’aux juridictions sur tout le territoire de l’Union »
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Nous appelons tous les Comoriens à « aimer » cet article, pour lui donner toute la force nécessaire.

Groupe de défense de la Tournante présidentielle.

Représentant : M. Anli Yachourtu JAFFAR

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