Sambi «rejette» toutes les accusations, selon son avocat

Placé en détention provisoire dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur le détournement présumé des fonds de la citoyenneté économique, l’ancien président est privé de ses libertés. L’avocat du collectif des citoyens ayant portés plainte contre X voit en cette mesure une étape importante dans la lutte contre l’impunité qu’auraient bénéficié «certains privilégiés». Selon l’avocat de l’ancien président, son client rejette toutes les accusations portées contre lui.

Convoqué par le juge d’instruction, en fin d’après-midi du mardi 21 août, à l’issue de son interrogatoire, l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi s’est vu inculpé et placé en détention provisoire pour «corruption, détournement de deniers publics, complicité de faux et usage de faux et forfaiture» et placé en mandat de dépôt. Placé en détention provisoire à son domicile de Vwadju où il a vécu en résidence surveillée depuis le 19 mai dernier, l’ancien président a perdu «toute sa liberté» depuis cette décision du juge d’instruction.

Aussitôt, le procureur de la République de Moroni a convié la presse pour confirmer cette information. «La particularité dans cette détention est que l’ancien président n’est pas détenu à la maison d’arrêt de Moroni. Le ministre de la Justice a rendu un arrêté pour annexer la résidence de l’ancien président située à Vwadjuu, à la maison d’arrêt de Moroni, par conséquent des aménagements sont engagés en vue de respecter les conditions de détention», devait-il préciser.

«Saluer le courage»

Interrogé sur cette décision, Me Saïd Larifou, avocat du Collectif des citoyens ayant porté plainte contre X suite à l’enquête parlementaire, estime que cette mesure est un acte qui «marquera l’histoire politique et juridique» des Comores et «une étape importante dans la lutte contre l’impunité que bénéficient certains privilégiés». Quant à l’avocat de l’ancien président, Me Mahamoudou Ahamada, il a déclaré que son client rejetait toutes ces accusations portées contre lui.

Mon client persiste à dire qu’il n’est aucunement impliqué ni de près, ni de loin à ces faits».

Au sujet des chefs d’accusations retenus contre l’ancien président, Me Mahamoudou Ahamada a ajouté qu’il «ignore les raisons qui ont poussé le juge à inculper son client. À l’heure actuelle, je ne suis pas en mesure de parler de l’affaire car pour le faire, je dois avoir un support, or je n’ai toujours pas eu accès au dossier et ce n’est pas faute de l’avoir demandé».

Pour Me Saïd Larifou, «l’information judiciaire ouverte sur cette affaire suivie des actes de procédure et les inculpations prononcées et d’autres qui vont être prises, notamment contre l’ancien président Ikililou Dhoinine, conviennent au Collectif». Pour l’avocat, ses clients et lui «saluent le courage des autorités judiciaires car cela n’est pas un acte banal et ces mesures coercitives prises contre toutes ces personnes sont justifiées».

Dans son intervention, Me Saïd Larifou a ajouté qu’après ces mesures privatives de liberté, ils allaient «recourir à tous les moyens juridiques pour recouvrir les fonds détournés» dans ce programme. «Nous allons demander à titre conservatoire la saisie des biens de ces personnes car nous estimons que la détention prononcée à ce stade de la procédure est aussi un moyen de préserver le recouvrement de ces fonds». A l’en croire, les présumés «fonds détournés dans le cadre de ce programme de citoyenneté économique ont transité dans des comptes de paradis fiscaux».

Mariata Moussa / Alwatwan

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