Sandra Leblé: « Je tenais à me marier aux Comores »

Sandra Leblé est franco-comorienne. Mais il suffit de la vivre pour comprendre qu’elle porte les Comores dans son coeur. Pourtant prise entre deux cultures, elle affiche fièrement sa comorianité partout où elle passe. De la France où elle vit et travaille, elle n’a pas oublié ses racines en pensant à des projet de développement pour le pays de sa mère.

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Blanche de peau, cheveux long et les yeux bruns, à première vue, Sandra Leblé n’a rien d’une comorienne. Et pourtant, elle l’est par sa mère, Elisa Humblot de Mitsamiouli. Ce n’est pas tout. Sandra est élevée à la comorienne. « J’ai été éduquée dans la culture Comorienne. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait comment les mamans Comoriennes sont impliquées dans l’éducation de leurs enfants et dans la transmission de leurs traditions. Tout cela fait que je me suis construite réellement dans les deux cultures, et aujourd’hui, je me sens chez moi aux Comores comme en France », assure cette jeune femme de 26 ans avant d’ajouter que  » l’Islam a forgé mes valeurs. La famille est mon équilibre, c’est ce qui me ressource le plus. Il m’arrive souvent de me faire des sessions de chansons comorienne traditionnelles, et des musiques sur lesquelles j’ai appris à danser. J’aime manger et cuisiner comorien ».

Cette fille de Jean-Louis Lepaysan, un français ingénieur en Travaux Publics est maman d’une fille d’un an. Mariée à un réunionnais Christophe Leblé, elle « tenait aussi à me marier aux Comores », ce que son mari a compris et accepté « tout en n’ayant pas du tout grandi dans le même type de tradition », se félicite-t-elle. Celle qui a vécu dans un environnement français d’expatriés par les missions de son père qui a travaillé aux Comores pour le compte de l’Union Européenne, témoigne que avec mes amis Français, « il n’y a aucun clash de culture et je me fond assez facilement dans la masse puisque je partage aussi énormément de choses en commun avec eux ».

Pourtant, elle avoue aussi que la vie de métisse n’est jamais facile surtout entre jeune. »Aux Comores, je suis une Mzoungou qui doit prouver qu’elle est Comorienne. En France, l’adolescence par exemple a été une vraie lutte pour faire accepter que je ne buvais pas et que je ne sortais pas autant que mes amis », déplore-t-elle. Et l’enfant de Mitsamiouli de poursuivre que ses compatriotes  » sont souvent étonnés de m’entendre parler Comorien avec ma Grand-mère, et me félicitent comme ils le feraient avec une étrangère ».

Et comme beaucoup de comorien de la diaspora, elle est en France, mais son coeur est resté aux Comores. Cette consultante en gestion de projet Aéronautique à Toulouse pense lancer un projet humanitaire aux Comores.  » Sous réserve de faisabilité, le projet consisterait à faire venir des étudiants des Grandes Écoles pour montrer à une quinzaine de jeunes des villages les plus pauvres de Grande Comore comment exploiter simplement les fruits de l’île », révèle celle qui pense à un projet touristique.

Salwa Mag

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