Sao Tomé : le gouvernement, en sursis depuis une motion de censure, tombe

Le gouvernement de Sao Tomé-et-Principe a été démis par décret présidentiel à la suite du vote d’une motion de censure la semaine dernière contre sa politique générale, selon le texte dont l’AFP a obtenu mercredi une copie.

« Devant l’échec du Conseil d’Etat à promouvoir le dialogue entre les partis politiques présents dans l’Assemblée nationale, le chef d’Etat a recouru à ses prérogatives constitutionnelles (…). Le gouvernement est démis », annonce le décret.

L’Assemblée nationale avait voté la semaine dernière une motion de censure contre la politique générale du gouvernement de Patrice Trovoada, en dépit des efforts de son parti, l’Action démocratique indépendante (ADI), pour renouer le dialogue avec l’opposition.

INSTABILITÉ POLITIQUE CHRONIQUE

Le parti de Patrice Trovoada, vainqueur des législatives d’août 2010, devrait former le prochain gouvernement. « Au nom des intérêts supérieurs de la nation, j’ai décidé d’inviter le parti ADI à former un nouveau gouvernement dans l’actuel cadre constitutionnel », a déclaré le président, Pinto da Costa, à la télévision mardi soir.

La situation politique reste malgré tout tendue. La direction du parti ADI a prévu une grande manifestation mercredi pour protester contre la décision du président et exiger la tenue immédiate d’élections législatives anticipées.

Le président Pinto da Costa, qui a dirigé Sao Tomé d’une main de fer sous l’ère du parti unique communiste de 1975 à 1990, est un membre du MLSTP/PSD (Mouvement de libération de Sao Tome-et-Principe/Parti social-démocrate), mais son parti avait investi un autre candidat lors de la présidentielle de 2011, qui l’a vu revenir au pouvoir. Depuis 1990 et l’avènement de la démocratie dans l’archipel, Sao Tomé souffre d’instabilité politique chronique et a connu quinze premiers ministres.

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