Séance plénière : Le ton monte entre les membres du Cpan

L’heure du grand déballage a sonné au Cpan et ce avant l’organisation des assises nationales. La commission technique charge les experts et le président du Cpan, et dénonce les “interventions intempestives du bureau du Comité de pilotage dans les travaux des experts” en pointant également du doigt “un diagnostic non validé par la commission chargée des thèmes”.

Les ateliers sur les thématiques des assises nationales sont passés dans un climat paisible. Sauf qu’au niveau du Comité de pilotage des assises nationales (Cpan), ils ont laissé des traces indélébiles. Preuve en est que pour la séance plénière de ce comité jeudi dernier des échanges houleux et musclés ont été enregistrés.

En effet, selon une source au sein du comité, le ton est monté gravement entre le porte-parole, Saïd Larifou et Amina Abbas du Mouvement du 11 août. En cause, les questions soulevées par les membres du Cpan qui sont hors du bureau exécutif.

Ils reprochent justement au bureau de prendre les décisions et de mener les travaux sans pour autant mettre à jour les membres restants.

Des questions pertinentes sont soulevées parce qu’il y a eu des couacs au niveau de l’organisation et du déroulement des ateliers. Il y a également la gestion financière que personne en dehors du bureau ne détient la moindre information. Certains ont estimé qu’il est anormal qu’une poignée de membres accaparent tout et que les autres soient laissés en rade, nous a confié un membre du Cpan

qui informe que Saïd Larifou a tenu des propos désobligeants, plein de mépris et à la limite insultants. En effet, ce dernier aurait crié sur Amina Abbas de “tirer les conséquences” si elle estime que les événements et la gestion ne lui convenaient pas.

Une démission ?

“Ah bon, c’est la réponse que vous me donnez”, aurait rétorqué la représentante du M11 avant de quitter la salle. Bien qu’elle n’ait pas souhaité donner suite à notre invitation et donc de confirmer sa décision, au sein du Cpan, on nous confirme qu’elle est revenue peu de temps après dans la salle pour annoncer officiellement sa démission.

Notre source qui a requis l’anonymat, regrette et déplore “les propos de Saïd Larifou” et estime que ce dernier devrait présenter des excuses.

Ça suffit comme ça, si vous avez des choses à dire, dites les clairement au lieu de passer par quatre chemins. Si vous estimez que les choses ne sont pas de votre goût, tirer les conséquences qui s’imposent,

tels seraient les propos exacts qu’aurait tenu le porte-parole du Cpan, Saïd Larifou. Pour ce dernier, “de tels propos sont tenus tous les jours et parfois ils sont plus graves et choquants. Toutefois, nous avons toujours réussi à trouver un compromis. Il y a eu une réaction passionnée. En ce qui concerne les questions soulevées, il y a eu, il y a et il y aura des erreurs, des insuffisances. Les turbulences ne manqueront pas mais le bateau arrivera à bon port”.

Un autre membre nous confirme effectivement que la commission des finances dénonce de son côté l’accaparement de la gestion financière par deux hommes à savoir le président Saïd Mohamed Sagaf et le trésorier, Moctar Zouboudou.

Du côté de la commission des thèmes, le constat n’est guère reluisant. Les membres de cette commission dans un rapport partiel du 25 janvier, déplorent le fait que “les experts se sont enfermés dans un tour d’ivoire pour travailler en toute indépendance et sans aucun contrôle…” Ce document dénonce des interventions intempestives du bureau dans les travaux des experts. “Pour le rapport des experts, nous n’avons rien apporté et on ne l’a pas validé. Nous les avons recrutés mais au final, on n’a pas eu à valider leurs travaux”, rapporte un membre du Cpan qui estime que “le bilan escompté est en deçà des attentes”.

Il faut dire que de nombreux critiques sont émises contre le document portant diagnostic des 42 ans d’indépendance produit par les experts. Des domaines tels que le tourisme, l’hôtellerie, la question de Mayotte ou encore la place des Comores dans le monde seraient bâclés.

De façon générale, le rapport partiel de la commission technique pointe du doigt “des fiches de contribution citoyennes mal montées, certains endroits non couverts pour les consultations citoyennes…”.

Mohamed Youssouf / Alwatwan

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