Sécurisation électorale : Houmed Msaidié met les points sur les «I»

HM

RECISIONS UTILES. «Il n’y a aucun conflit entre la Ceni et le ministère de l’Intérieur au sujet de la loi électorale. «Clairement et nettement», ce budget est «trop élevé» et le gouvernement va l’examiner conformément à ses moyens. A propos des évènements de Pvanambwani, je peux vous garantir que la hiérarchie militaire mène des enquêtes internes pour déterminer la réalité de ce qui s’est passé. Pour ce qui est des combats électoraux à venir, «vous pouvez être sûr, le parti Radhi participera à ces élections et présentera des candidats».

 

Al-watwan. Certains partis dont Juwa vous accusent d’avoir placé des cadres de votre parti dans tous les rouages du processus électoral, notamment au Centre de traitement des données informatiques. On parle d’ailleurs d’un conflit entre la Ceni et le ministère de l’Intérieur à ce sujet…

HM.: … Les partis politiques, tout particulièrement ceux qui ne sont pas au pouvoir, sont tout à fait libres de critiquer toute action émanant de l’autorité publique. Je sais qu’au niveau de ce Centre de données électorales, la personne qui a été recrutée a cru bon d’aller s’installer en France. Donc, elle a été remplacée par un cadre compétent. Je ne sais pas si je devais demander à l’opposition le cadre qu’elle aurait aimé voir à la place.

Contrairement à ce qui se dit, il n’y a aucun conflit entre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et le ministère de l’Intérieur au sujet de l’application de la loi électorale. Ce centre a été prévu par la loi électorale. Je n’ai aucune intention d’avoir de conflit avec la Ceni, je vais appliquer la loi telle qu’elle a été votée par les représentants du peuple. J’ignore si d’autres personnes voudraient y mettre de conflit, mais, à mon niveau, il n’y en a pas un.

 

Al-watwan: Le budget des élections est fixé à 2,7 milliards de franc. D’abord, ce montant n’est-il pas trop élevé vu que l’on a organisé récemment des élections et que l’on peut utiliser certains matériels (isoloirs, urnes,…) ayant déjà servi en mai dernier ?

HM.: Pour moi, clairement et nettement, ce budget est trop élevé. Je sais qu’on va essayer de me faire comprendre qu’il s’agit de deux rubriques, mais comparativement aux dernières élections où nous avions quatre mille quatre cent candidats, avec presque la même somme, ce budget de 2,7 milliards est trop élevé.

Je ne pense pas que lors des prochaines échéances, de l’Union et des îles, les candidats puissent dépasser la cinquantaine.

Je conçois mal que l’on nous présente le même budget d’autant plus que le matériel est là. Très peu de chose ont été abimées et nous n’allons pas recourir à la fabrication de nouvelles cartes. Il est vrai que d’autres opérations demeurent en l’état, tel que le recensement, mais aligner le même chiffre que lors du triple scrutin me parait exagéré. La Ceni a soumis le budget, le gouvernement va l’examiner conformément à ses moyens.

 

Al-watwan:  A part l’Union européenne, quels sont les partenaires qui se sont déjà prononcés pour le financement des élections. A combien va s’élever la part du  gouvernement ?

HM.: D’abord, nous avons un budget à établir et je ferais de mon mieux afin qu’il soit adopté rapidement. D’ores et déjà, les différents intervenants de ce budget se sont mis au travail. Au moment où je vous parle, je crois que d’ici à quelques heures, il sera bouclé. Il est vrai que notre partenaire principal, l’Union européenne, s’est proposée pour quatre millions d’euros, soit, 1,968 milliard de fc. Bien sûr, nous devons respecter certaines conditions liées à l’approfondissement et à la transparence du processus électoral. Mais les autres partenaires ne peuvent se prononcer qu’à partir du budget.

C’est pour cela que nous allons très vite l’adopter. La part du gouvernement sera celle qui restera après que les partenaires se seront prononcés.

 

Al-watwan: Le mandat du Conseil national de l’audiovisuel et de la presse a expiré alors que l’on s’achemine vers une période cruciale. Pourquoi tardez-vous à en renouveler ses membres?

HM.: Nous avons saisi toutes les autorités compétentes pour faire leurs propositions. Après, très rapidement, le chef de l’Etat procédera à la nomination des membres.

 

Al-watwan: On vous annonce comme probable vice-président de Mohamed Ali Soilihi, d’autres vous prêtent plutôt l’intention de vous présenter en tant que titulaire. Peut-on savoir l’option que vous avez choisie?

HM. : J’appartiens à un parti politique et le choix des candidats revient au parti. Ce choix se fera au moment opportun. Je rappelle que j’étais membre d’un parti, nous avons eu des différends sur la manière de choisir les candidats. J’attends donc, la décision de mon parti, car si on a créé un parti politique, c’est pour, bien sûr, participer à ces élections. Dans ces conditions soyez en sûr, le parti Radhi participera à ces élections et présentera des candidats.

 

Al-watwan: Comment comptez-vous financer le vote de la diaspora qui n’aurait pas été pris en compte dans le budget établi par la Ceni?

HM. : Le budget en cours d’examen a prévu le vote de la diaspora, mais il y a certains éléments qui manquent et la France est disposée à nous accompagner. Dès que le budget sera adopté, vous saurez ce que pourrait coûter la participation de notre diaspora dans ces échéances électorales, qui d’ailleurs, se limite à l’élection générale. La diaspora ne va pas participer à l’élection des gouverneurs, ni aux primaires. Je précise également que par rapport à ce vote, la France est prête à nous accompagner pour certaines opérations qui pourraient avoir lieu là-bas, telles que la sécurisation, la mise à disposition des différents lieux de vote.

 

Al-watwan : Dans un rapport remis au chef de l’Etat, la gestion des précédents scrutins par la direction générale des élections est très critiquée. Rien que la nuit du premier tour, cette direction aurait dépensé 19 millions de fc. Doit-on s’attendre à des sanctions de la part du ministre de l’Intérieur?

HM. : J’ai saisi la Cour des Comptes par écrit afin de faire un audit du budget des élections. J’attends.

 

Al-watwan : Des agents des forces de l’ordre sont accusés d’avoir commis des actes de vandalisme à Pvanambwani, d’autres auraient brutalisé de paisibles citoyens. Aucun n’aurait été inquiété. Comment peut-on rester silencieux devant des faits aussi gravissimes?

HM. : Vous savez que l’armée a ses propres règles pour des cas d’exactions ou manquements à la loi et aux règles établies. Je peux vous dire que la hiérarchie mène des enquêtes internes pour déterminer la réalité de ce qui s’est passé. Il faudrait quand même faire remarquer qu’au cours de ces événements, il s’est produit des choses: on a tabassé un gendarme et des matériels roulants de Colas ont été incendiés.

Quand les forces de l’ordre se sont présentées, il n’y avait personne, ceux qui y étaient se sont barricadés. Il fallait donc chercher les personnes qui avaient commis ces actes. Certaines portes étaient fermées, les forces de l’ordre ont dû les ouvrir à leur manière. (…) . Chaque fois que l’armée intervient quelque part, elle reçoit des instructions claires et nettes. Ici comme ailleurs, quand l’armée intervient dans des cas de confit avec violence, il y a des pots cassés.

Maintenant, la discipline militaire s’est mise en œuvre pour identifier si effectivement, il y a eu des manquements graves par rapport à l’intervention et bien sûr, des sanctions seront prises contre ceux qui seraient identifiés comme ceux ayant commis ces actes irréguliers.

Al-watwan : L’Etat civil vient d’être transféré aux communes. Quelle mission entendez-vous confier aux préfectures ?

HM.: Nous allons organiser des assises pour relire ensemble les lois portant organisation administrative de l’Union des Comores, la loi de la déconcentration et la loi portant sur la décentralisation afin de bien saisir les missions réelles des préfectures puisque l’Etat civil n’a jamais été une de ses missions. Les préfectures assuraient par intérim les missions d’état civil au moment où les communes n’existaient pas légalement.

 

Al-watwan : Les partis politiques émettent le souhait de faire venir une force étrangère pour sécurisation les élections…

HM.: Ah bon! Parce qu’on est au Burundi, ici? Je ne le savais pas. Même en République démocratique du Congo (Rdc), où il y a encore des guérillas, ici et là, je n’ai pas entendu de force de sécurisation du processus électoral. (…) . Je ne comprends pas pourquoi ces opposants n’ont pas demandé cette sécurisation lors des dernières élections ? L’année dernière, chacun a eu son dû, moi j’étais dans l’opposition, j’ai eu un député, j’ai eu un conseiller de l’île et des conseillers communaux. On n’avait pas besoin de faire appel à une quelconque armée étrangère. Personnellement, je ne vois pas le contexte qui nécessiterait de faire intervenir une force étrangère ici. L’époque Mohamed Bacar est révolue, il n’y a pas de Fga. A moins qu’ils se cachent quel que part.

 

Propos recueillis par Mariata Moussa/Alwatwan 

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