« Ses principes étaient plus chers à ses yeux que tous les honneurs et les gloires »

Muhammad Ali…

Beaucoup rendront hommage au boxeur, mais peu connaîtront réellement l’homme qu’il fut…

Petit fils desclave, il a hérité de cette révolte intérieure de ceux qui rêvent de liberté. Il a renoncé au nom de Clay pour devenir Ali…

Champion olympique, il jeta sa médaille dans le fleuve Ohio après s’être vu refuser l’entrée dans un restaurant. Une des premières  leçons de lucidité que lui imposera la vie. Ses colères n’étaient pas feintes…

Militant des droits civiques, il luttera auprès de Malcolm X et Martin Luther King pour la justice et l’égalité…

Citoyen critique, il refuse d’aller faire la guerre du Vietnam qu’il considère comme injuste. L’Histoire lui donnera raison. Son titre mondial lui sera retiré et il sera emprisonné.  Ses principes étaient plus chers à ses yeux que tous les honneurs et les gloires…

De retour sur les rings pour récupérer SA ceinture de champion du monde, cela ne pouvait se faire que de la meilleure des façons. Bien qu’ américain luttant pour les droits civiques, c’est sur sa « terre africaine » qu’il donnera au monde le plus grand combat de tout les temps. L’Afrique l’accueillera comme il se doit, comme un de ses enfants… Ali bomayé,  Ali bomayé…

Sa carrière finie, il affrontera ce qui est sûrement son combat le plus difficile, la maladie. Il n’en reste pas moins un acteur lucide et engagé. Il essayera comme il peut d’apaiser  les tensions avant la premier guerre d’Irak. Il ne parviendra pas à éviter la guerre mais par respect pour ce qu’il représente, Saddam Hussein ne peut lui refuser la libération des otages américains…

L’Amérique lui rendra hommage, tard. En 1996, lors des Jeux Olympiques d’Atlanta, il allumera la flamme olympique. Lui l’ancien paria, le rebelle, il devient donc l’emblème de l’Amérique. Que l’histoire est parfois surprenante…

Au soir du 11 septembre, il est le premier américain musulman à prendre la parole, en compagnie de Will Smith, rappelant à leurs concitoyens que si le terrorisme existe, il n’est pas l’expression de l’islam mais de la barbarie…

Ces sorties étaient de plus en plus rares, mais chaque apparition était un événement. C’est à mon sens un des derniers grands acteurs et témoins du XXème siècle qui s’en va. Un homme sans concession mais un homme de compromis. Tous les grands de ce monde se sont inclinés devant lui. Et s’il ne refusait le dialogue avec personne, il ne réservait sa complicité qu’à quelques privilégiés comme lors de cette cérémonie où Georges Bush lui remit une médaille puis  voulut prendre la pose avec Ali, le champion lui répondu simplement par un signe lui indiquant qu’il était fou. S’il reconnaissait la fonction présidentielle, il n’était pas prêt à jouer la carte de l’amitié avec n’importe qui…

Homme de grande spiritualité et de foi, qu’il distinguait d’ailleurs de la religiosité, il n’avait aucune gêne à parler de son rapport à Dieu…

Il était Muhammad Ali, il restera le plus grand…

Puisse Dieu l’accueillir dans son vaste paradis.

Annouar Sassi

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