Société Comorienne des Hydrocarbure : L’effet Mgomri à la SCH

Cinq mois depuis qu’il est à la tête de la Société Comorienne des Hydrocarbures, l’effet Mgomri commence à se ressentir. Comme à Comores Télécom, Oumara Mgomri veut assainir la société mais il commence par le personnel en leur retirant leurs indemnités jusqu’à réduire la dotation du pétrole allouée aux retraités.

La crise au sein de la Société Comorienne des Hydrocarbures ne fait pas des heureux. Après la suspension de Mohamed Chatur et la mise en place d’une commission de gestion, la société se trouve actuellement sous la direction d’Oumara Mgomri. Comme il l’a déjà fait pour Comores Télécom, le nouveau patron de la SCH veut assainir la société, et commence par son personnel en diminuant leurs indemnités. Une décision mal prise par les employés de la société des hydrocarbures. « Mgomri dit assainir la société et diminuer les charges. Et directement, il s’attaque à son personnel en réduisant leurs indemnités et autres avantages. Ce n’est pas normal, martèle un responsable de la SCH sous le sceau de l’anonymat. Ce dernier a montré que le directeur de la SCH est allé jusqu’à diminuer les avantages pour les retraités. « Depuis l’époque du colonel Aboubabacar, les retraités avait une dotation de 100 L de pétrole lampant soit 25 000 FC par mois. Et Oumara Mgomri l’a réduit à 50 L », poursuit-il.

En dehors des avantages, le patron de la SCH ne veut entendre parler des heures supplémentaires, une décision qui avait causé depuis le début de ramadan, une perturbation des approvisionnements des stations service en pétrole. « Le DG ne voulait pas voir un agent travailler au delà de 12h30. Il disait qu’il n’allait pas payer des heures supplémentaires », précise-t-il. Pire encore, pour assainir la société, Oumar Mgomri procède à des recrutements avec une masse salariale qui est déjà élevée. « Si aujourd’hui, Mgomri prend un mois de salaire, ça ne va pas résoudre les problèmes de la société. Alors je ne vois pas l’intérêt de pénaliser son personnel en pareille situation », dit-il.

Selon notre interlocuteur, c’est depuis Chatur que la société a commencé sa chute par ses investissements hasardeux. Il fait référence au bitume laissé à Malouzini en plein soleil, le gaz, une construction d’une citerne à 900 millions jamais finie, mais aussi la construction d’une citerne à 90 millions cassé. « On a fait tellement d’investissements qui n’ont rien rapporté. La preuve, la taxe unique s’est accumulée et Oumar Mgomri est obligé de tout payer », ajoute-t-il. Les difficultés de la SCH ne s’arrêtent pas là. Notre interlocuteur montre aussi que « pour les 10 dernières cargaisons, la société a eu un déficit de 500 millions. C’est énorme ! ». Aujourd’hui, les agents de la SCH se demandent quel contrat suit le nouveau directeur général. Vitol ou Adax ?

Pour rappel, Mohamed Chatur est parti de la SCH sans faire un bilan financier ainsi que la commission mise en place. Et n’en parlons plus des 8 milliards laissés dans les caisses par l’ancien directeur général de la société, le colonel Aboubabcar. Aujourd’hui, si la société arrive à vendre du carburant, c’est grâce à l’accompagnement de la banque islamique. Elle paie l’échéance de la livraison et la SCH rembourse après vente.

Mohamed Youssouf / LGDC

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