Somalie : une victime présumée de viol et un journaliste inculpés

1er février 2013

Somalie : une victime présumée de viol et un journaliste inculpés

Des journalistes somaliens manifestent leur soutien le 27 janvier 2013 à Mogadiscio à leur collègue Abdiaziz Abdinuur arrêté par la police après l’interview d’une femme accusant des soldats de l’avoir violée ©AFP

NAIROBI (AFP) – (AFP)

Cinq
personnes, dont une femme disant avoir été
violée par des membres des forces de sécurité
somaliennes et un journaliste auquel elle s’est
confiée, ont été inculpés à
Mogadiscio, notamment de fausses accusations, a indiqué
l’ONU vendredi, une procédure « politique » selon
des ONG.

L’ONU s’est dite « inquiète du déroulement de
l’instruction, notamment de la détention prolongée
(des inculpés) et de l’absence d’accès – auquel il
a été remédié – à un avocat, qui
pourrait peser de façon négative sur la conduite
du procès ».

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human
Rights Watch (HRW) a précisé que le journaliste
Abdiaziz Abdinuur avait été inculpé
d’ »insulte à une institution gouvernementale »
et d’ »incitation à faux témoignage », deux
chefs passibles de six ans de prison au total.

La femme, inculpée d’ »insulte à une institution
gouvernementale », de simulation de crime et de fausses
accusations, risque jusqu’à neuf ans d’emprisonnement
au total, selon HRW.

Son époux ainsi qu’un homme et une femme l’ayant
présentée au journaliste sont tous trois
inculpés de l’avoir aidée à se soustraire
à une enquête et d’avoir tenté de tirer
profit de l’accusation de viol, des faits pouvant les
envoyer jusqu’à neuf ans en prison, précise l’ONG
dans un communiqué.

Les cinq inculpés sont tous en détention.

« L’+enquête+ de police
dans cette affaire est une tentative politique d’incriminer
et de réduire au silence ceux qui dénoncent le
problème généralisé des violences
sexuelles par les forces de sécurité
somaliennes », estime HRW.

Abdiaziz Abdinuur, qui travaille pour plusieurs radios
somaliennes, a été arrêté le 10 janvier
à Mogadiscio et maintenu depuis en détention.Il
avait interviewé la victime présumée mais n’a
jamais diffusé cette interview.

La Somalie est ravagée depuis plus de 20 ans par la
guerre civile et livrée aux milices claniques, groupes
islamistes et gangs criminels.

L’élection en septembre du président Hassan Cheikh
Mohamoud, après une décennie de gouvernements
transitoires sans pouvoir ou corrompus, a suscité
l’espoir de doter enfin la Somalie d’une réelle
autorité centrale dont elle est privée depuis la
chute du président Siad Barre en 1991.



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