Sommet ACP à Malabo : désaccords sur l’avenir du partenariat avec l’UE

13 décembre 2012

Sommet ACP à Malabo : désaccords sur l’avenir du partenariat avec l’UE

Les chefs d’Etat du groupe Afrique Caraïbes Pacifique (ACP), au sommet de Malabo, le 13 décembre 2012 ©AFP

MALABO (Guinée équatoriale) (AFP) – (AFP)

Les pays
membres du groupe Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) et
l’Union européenne (UE) ont exposé leurs
désaccords dès l’ouverture, jeudi à Malabo,
du 7e sommet ACP consacré essentiellement à
l’avenir du partenariat avec l’UE, a constaté un
journaliste de l’AFP.

« L’une des pommes de discorde, ce sont les
négociations des Accords de partenariats
économiques (APE) », a déclaré dans son
discours d’ouverture le secrétaire général du
groupe ACP, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, en
présence d’une quinzaine de chefs d’Etat.

« La Commission européenne a imposé la date
butoir de janvier 2014 (prolongé à janvier 2016)
pour la finalisation de ces négociations et va
pénaliser les pays qui ne sont pas à même
d’atteindre un accord sous ce délai », a
déploré Mohamed Ibn Chambas.

La discorde porte notamment sur la décision du Parlement
européen de réduire à partir de 2014 le
nombre de pays bénéficiant du Système de
préférence généralisé, qui propose
des réductions de droits de douane ou un accès au
marché communautaire en franchise de droits pour les
exportations de 178 pays et territoires en développement.

Le taux d’ouverture aux produits et services européens
sera aussi au centre des pourparlers, l’UE demandant 80%
alors que l’Afrique centrale n’est prête à en
concéder que 71%.

« Après une dizaine d’années de
négociations (au sujet des APE), nous sommes loin de
parvenir à un accord », a souligné pour sa part
John Dramani Mahama, le président du Ghana qui avait
accueilli le dernier sommet ACP en 2008.

M. Mahama a qualifié de « déplorables » les
échéances fixées pour la fin des négociations.

« A part quelques détails, notre offre de partenariat
pour le commerce est claire », a réagi le
commissaire européen chargé du Développement,
Andris Piebalgs. »Le temps est venu pour les ACP de
s’engager ou non dans ce partenariat et d’en recueillir les
fruits ou non », a-t-il lancé dans son allocution.

« Ne pas saisir cette opportunité serait
regrettable », a ajouté le responsable
européen, soulignant que « le partenariat UE-ACP a
un rôle essentiel à jouer ».

De son côté, le président
équato-guinéen Teodoro Obiang a proposé
« la création d’une organisation de coopération
économique Sud-Sud » dont Malabo serait « le
berceau », ou de « renforcer le groupe des 77 afin de
le réorienter vers des objectifs politiques,
économiques et commerciaux pour les pays du Sud ».

Le Groupe des 77 aux Nations unies est une coalition de pays
en voie de développement conçue pour promouvoir
les intérêts économiques de ses membres et
augmenter leur capacité commune de négociation.Créée par 77 pays, il en compte actuellement 132.

Grâce à ses pétro-dollars, la Guinée
équatoriale est beaucoup plus présente sur la
scène internationale ces dernières années, la
coopération Sud-Sud étant l’un des chevaux de
bataille de son président.

Parmi les chefs d’Etat participant au sommet figurent
l’Equato-guinéen Téodoro Obiang, le Gabonais Ali
Bongo, le Tchadien Idriss Deby, le Camerounais Paul Biya ou
encore le Béninois Thomas Yayi Boni.

Le Groupe ACP a été institué par l’Accord de
Georgetown en 1975 et compte 79 Etats membres dont 48
d’Afrique sub-saharienne, 16 des Caraïbes et 15 du Pacifique.



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