Sport: Amir Abdou ne veut plus bricoler avec les Comores

Une défaite honorable face aux finalistes de la CAN2013 ne suffit pas à Amir Abdou. Le technicien lot-et-garonnais met les pieds dans le plat pour faire avancer les Comores.

Avec tout le respect qu’il doit à Luis Fernandez, l’un des animateurs-consultants vedettes de RMC, Amir Abdou, le Lot-et-Garonnais sélectionneur de l’équipe nationale de football des Comores, sourirait presque des ennuis de riche que rencontrait ces derniers jours le nouveau sélectionneur de la Guinée, dans l’attente de voir arriver tous les joueurs qu’il avait convoqués. C’est qu’en prenant en mains la destinée des Cœlacanthes (le surnom de la sélection comorienne) au début de l’année 2014, Amir Abdou avait pour sa part tout à reconstruire de A à Z. Un an et demi plus tard, après avoir déjà renversé quelques montagnes, il peut s’autoriser à mettre les pieds dans le plat pour dire ce qui ne va pas dans l’organisation du football comorien.

Si près et si loin de l’exploit face au Burkina

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Amir Abdou a notamment dû recomposer une équipe complète, en prenant son bâton de pèlerin pour aller convaincre les expatriés de renouer avec la sélection. Avec bonheur en ce qui concerne les Kassim Abdallah (Evian-Thonon-Gaillard), Chaker Alhadhur (Caen), Nadjim Abdou (Millwall) et Mohamed Youssouf (Heraklion), alors que le refus poli d’Ali Ahamada, le portier du TFC, fut l’une des rares déceptions. Autant dire que pour l’entrée des Cœlacanthes dans les qualifications à la CAN 2017, leur troisième match en compétition officielle depuis deux ans, le samedi 13 juin dernier, la défaite 2 à 0 face au Burkina-Faso (finaliste de la CAN2013, N.D.L.R.) des Koné, Kaboré, Pitroipa, Koulibaly et autres Traoré, avait presque valeur d’exploit pour une sélection comorienne 177e au classement FIFA. Et pourtant les félicitations reçues sur le plan de l’analyse tactique de la part de Gernot Rohr, le sélectionneur des Burkinabés, n’ont pas atténué les regrets du coach comorien au moment de quitter les 22 000 spectateurs du stade du 4 août à Ouagadougou.

«C’était un match de très haut niveau, le plus dur que nous avons eu à jouer depuis ma prise de fonctions, mais, franchement, si on avait eu les moyens de tenir le choc physiquement sur les 90 minutes (les buts burkinabés sont intervenus après l’heure de jeu, N.D.L.R.), nous avions nos chances», pestait Amir Abdou, en pointant du doigt «la différence de préparation entre les deux sélections».

Alors que le Burkina-Faso a pu travailler en toute sérénité durant trois semaines, le staff technique comorien (1) n’a retrouvé ses joueurs que dix jours avant la rencontre. «Après une coupure de deux semaines à l’issue d’une saison éreintante, on a récupéré les joueurs lessivés avant le stage de 7 jours effectués en Provence», témoignait Amir Abdou. Et pendant que le Burkina s’offrait trois matchs de préparation face à des sélections, les Comores s’étalonnaient face à la modeste équipe de CFA2 d’Aubagne…

«Responsabiliser la fédération et l’état»

On passera sur les petits tracas d’intendance rencontrés par le staff comorien, qu’on mettra sur le compte des aiguillages aériens africains, pour écouter Amir Abdou tracer l’avenir de sa sélection, si elle doit un jour obtenir des résultats : «Nous avons la chance d’avoir des joueurs qui s’engagent, pour le moment, pour leur patrie et qui ne demandent rien en échange, il y a une vraie communion pour le maillot et le drapeau, mais on ne peut plus bricoler ! Tous les états et les fédérations prennent en charge leur sélectionneur. On ne peut rien construire sur la durée au coup par coup. Personnellement, jongler entre la sélection, mon poste au sein de la mairie de Bon-Encontre et le coaching de l’Entente Golfech-Saint-Paul-d’Espis (DH), cela devient très compliqué pour moi, mais je persiste, si on s’organise, nous n’avons rien à envier aux autres sélections.»

En clair Amir Abdou veut «responsabiliser les dirigeants de la fédération et les représentants de l’état comorien». On espère pour lui que son message parviendra jusqu’à Moroni et sera entendu. Le temps presse avant d’affronter l’Ouganda le 6 septembre prochain. l

(1) Le staff des Comores. Amir Abdou (sélectionneur) ; Fabien Pujo (entraîneur des gardiens) ; Mathieu Larrouturou (préparateur athlétique) ; Djamal Mohammed (coordinateur sportif).

Les qualifications pour la CAN 2017, mode d’emploi
Défi. Devenu sélectionneur de son pays d’origine, le Lot-et-Garonnais tape du poing sur la table après une défaite amère, 2 à 0 le 13 juin face au Burkina Faso, lors de la première journée des qualifications à la Coupe d’Afrique des Nations 2017.
Amir Abdou veut sortir sa sélection comorienne de l’ombre.

Alors que les Comores n’avaient pas réussi à passer le tour de barrages (défaite 1-0 au Kénya et match nul 0-0 aux Comores) qui leur auraient permis de participer aux qualifications pour la CAN 2015 , la sélection comorienne s’est réjouie de voir arriver un nouveau mode de qualifications pour la CAN 2017. «Les 52 pays africains ont été invités d’entrée de jeu dans les qualifications», explique Amir Abdou, «c’est une grande chance qu’on doit saisir et c’est la raison pour laquelle on s’est retrouvé dans la poule D avec le Burkina-Faso, l’Ouganda et le Botswana. Après la première journée qui a vu les Comores s’incliner 2 à 0 à Ouagadougou, voici le programme qui attend les Cœlacanthes dans les semaines et mois à venir.

2è journée 4, 5 ou 6 septembre 2015 ; Botswana – Burkina Faso, Comores – Ouganda
3è journée 23, 24, 25 ou 26 mars 2016 : Burkina Faso – Ouganda, Comores – Botswana
4è journée 26, 27, 28 ou 29 mars 2016 : Ouganda – Burkina Faso, Botswana – Comores.
5è journée 3, 4 ou 5 juin 2016 : Comores – Burkina Fas, Botswana – Ouganda
6è journée 2, 3 ou 4 septembre 2016 : Burkina Faso – Botswana, Ouganda – Comores. l

Baptiste Gay – ladepeche.fr

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