Sport / Mohamed Ibouroi : « Le sport comorien est malade »

Dans les locaux de la direction générale de la jeunesse et sport, Mohamed Ibouroi, directeur général de l’institution est revenu sur les dysfonctionnements qui touchent le sport comorien. Selon, lui la situation est alarmante et critique. Le technicien précise en effet que depuis sa nomination en mai 2018, il n’a ménagé aucun effort pour revaloriser et reformer le sport comorien. Il regrette que malgré tout, cette force ne soit pas reconnue au niveau du ministère de tutelle.

« Depuis ma nomination, j’ai entamé sept actions mais aucune n’a été réalisée. Et les contraintes de la non réalisation relèvent du cabinet du ministère », regrette Mohamed Ibouroi lors d’un point de presse tenu samedi dernier dans les locaux de la direction générale de la jeunesse et sport. Il affirme que depuis sa prise de fonction, il s’est entretenu avec les différentes fédérations et leur a présenté ses missions et ses objectifs. « Ma volonté est de faire avancer le sport. Je leur ai expliqué que les fédérations devraient être organisées et mettre en place des compétitions », explique-t-il. Convaincu que ses efforts devraient servir de béquille, M. Ibouroi explique avoir traduit le plan intérimaire de 2016 à 2018 en plan d’actions budgétisé après sa nomination en mai 2018, mais regrette que le ministère ne réagisse pas en retour.

Pour ce qui est de l’organisation des différentes fédérations sportives, le directeur de la jeunesse et sport reconnait un dysfonctionnement total de celles-ci mais admet que cela relève de la responsabilité des autorités compétentes notamment sa direction de les réorganiser. « Personnellement, les travaux techniques ont été déjà faits car c’est mon domaine et cela relève de mes compétences », précise-t-il en remettant en cause les fédérations qui dit-il « passe directement par le ministère et non par la direction ». Mohamed Ibouroi regrette que de toutes les fédérations, seule la Fédération de Football est active et arrive à organiser des compétions à temps.

A l’approche des jeux des jeunes de l’Océan indien en juillet prochain, le directeur général précise que la participation est une obligation mais que les conditions sportives ne semblent pas encore réunies. Il affirme avoir réuni les fédérations il y’a deux ans de cela pour évaluer la situation et la préparation mais aucune ne lui a fait de rapport. « De la composition du corps au déplacement de la délégation jusqu’à la participation aux jeux relève de ma compétence et pourtant, tout se fait sans que je le sache », regrette-il.

Dans tout cela, Mohamed Ibouroi affirme que « le sport comorien est malade ». Et souligne en effet que les travaux techniques ne se font pas par les techniciens en prenant l’exemple de la CONFEJES où le programme voulant accompagner vingt jeunes dans différentes activités sportives semble être boycotté. « Dans ce projet, je devais être le coordinateur et faire le suivi mais je ne suis au courant de rien. Et cela entache le pays », dit-il. Le conférencier remet en cause les responsabilités des uns et des autres. Il se demande si ces derniers comprennent les enjeux. « Et même s’ils le prennent pour une distraction, mais elles devraient s’organiser », lance-t-il.

Pour reformer et revaloriser le sport comorien, Mohamed Ibouroi précise en avoir établi et remis au ministère tutelle un document de vingt-trois pages sur la gestion des organes de sport dans lequel il a analysé la situation actuelle et des recommandations.

A.O Yazid / LGDC

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