Stratégies politiques dans le Hambou

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Au moment où j’écris 5 candidats à l’élection présidentielle semblent se dégager du lot. Il s’agit dans l’ordre alphabétique d’Assoumani Azali, Bourhane Hamidou, Fahami Saïd Ibrahim, Mouigni Baraka Saïd Soilihi et Mohamed Ali Soilihi. Vous l’aurez remarqué le Hambou aura réussi à faire figurer 2 des « ses » 4 candidats dans la liste des prétendants les plus sérieux à Beit-Salam. C’est une belle performance pour l’une des régions les moins peuplées de Ngazidja dans un pays où les électeurs ont de plus en plus tendance à voter pour l’enfant de la région, du village ou du quartier. Ce pronostic indique que Bourhane et Azali peuvent gagner beaucoup d’électeurs dans les autres régions aux dépens des candidats qui y sont issus.

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Ce n’est donc pas un hasard si aucun candidat issu du Badjini, du Bambao ou du Mitsamiouli n’arrive à émerger alors qu’elles sont avec l’Itsandra les régions les plus peuplées de Ngazidja. Azali y fait la course en tête. Seul le fief de Msafoumou lui résiste. Quel est le secret de la réussite du colonel ? Il n’en a aucun. Il ne fait qu’appliquer minutieusement les recettes du Hambou.

Cette région située entre 2 sultanats rivaux a toujours su ménager le Badjini et le Bambao et à tirer le meilleur parti de sa position de région tampon. Les habitants du Hambou sont très intelligents. Leurs hommes politiques savent tisser des relations en dehors de leurs frontières, rassurer leurs amis et donner des gages de fidélité à leurs protecteurs. Ils savent aussi cacher leurs jeux. Ali Soilihi est né d’une mère de Chouani dans le Hambou mais avait choisi de s’identifier politiquement à la ville de son père et capitale de l’Itsandra, Ntsoudjini, car le conservatisme des années 1960 n’aurait pu assurer un destin national à un homme politique du Hambou.

2ème ruse : Ali Soilihi s’est placé sous la protection du Prince Saïd Ibrahim pour bénéficier de son aura et accéder au pouvoir avant de faire massacrer la population d’Iconi le 18 mars 1978. 3ème ruse : Ali Soilihi s’est fait l’ami de la France qui l’a mis au pouvoir le 3 août 1975 avant de se retourner contre elle quelques mois plus tard. Mohamed Abdouloihab s’est fait un doux agneau pour se faire nommer directeur de cabinet par Sambi et obtenir la présidence de l’île de Ngazidja avant de se retourner contre lui.

Tout en servant comme officier dans les FAC (Forces Armées Comoriennes), Azali rencontrait discrètement TOUS les opposants au régime d’Ahmed Abdallah Abderemane. L’homme de Mtsoudjé a su utiliser à merveille ses relations pour se faire nommer chef d’état major de l’armée par Taki alors que ce dernier ne le portait pas dans son cœur. Chaque homme politique de Ngazidja y compris le Premier Ministre Abbas était convaincu qu’Azali perpétrait le coup d’état d’avril 1999 en sa faveur ! Il les a tous eu. Azali est déterminé à retourner à Beit-Salam. Il use de tous les moyens. Il s’est fait le garçon de service du couple présidentiel.

Il a rangé au placard son ton cassant. Il s’est réconcilié avec la ville de Moroni. Il promet de traduire en justice ceux qui ont pillé les Comores durant ces 10 dernières années afin de se faire pardonner par les dignitaires de la CRC qui ont été emprisonnés sous le régime de SAmbi et qui l’accusent de trahison. Oui, il use de tous les moyens y compris les plus abominables. L’homme est un grand adepte de la sorcellerie.

Il ne se contente pas des services des sorciers locaux. Il se rend ou mandate des proches en Afrique de l’Est et à Madagascar. Là encore, Azali suit les pas de son illustre prédécesseur du Hambou. Des anciens compagnons d’Ali Soilihi témoignent que le Mongozi était un grand sorcier et qu’il emprisonnait les sorciers pour ne pas avoir de concurrents. La sorcellerie d’Azali produit ses effets, notamment dans le Badjini, le Bambao, Moroni et dans le Mitsamiouli. Pour le moment. Mais cela ne durera pas longtemps. Innama soinaou kayidou sahir. Oila youflihou sahirou hayithou ata (ce qu’ils ont fabriqué n’est qu’une ruse de magicien ; et le magicien ne réussit pas, où qu’il soit). Verset 69 sourat Toiha

Hadji Anouar, Montélimar (France)

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