Sultan: «Il faut faire de la musique par passion et non pas pour de l’argent»

La 5e édition du Festival international de l’été en musique’’ qui s’est tenue à Alger a été consacrée au rappeur franco-comorien. Dans cet entretien, l’artiste se dévoile un tant soit peu.

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– Vous revenez à Alger pour la deuxième fois avec toujours le même enthousiasme ?

Je suis très heureux de revenir pour la deuxième fois en Algérie, d’autant plus que c’est ma première visite dans la capitale. Pour rappel, je suis déjà venu à Oran dernièrement pour un concert. Je pense que ce Festival international l’’’Eté en musique’’ est une excellente initiative. C’est une bonne chose d’offrir gratuitement l’entrée. Les gens n’ont pas l’habitude de voir des artistes défiler lors des festivals et autres. Cela fait plaisir de faire partie de ces artistes qui peuvent jouer leur musique à ces personnes. Il faut savoir que j’ai plusieurs amis algériens en France qui ont toujours su me transmettre une certaine chaleur humaine.

– Vous avez basculé dans l’univers de la musique non pas par pur hasard, mais par passion…
Je fais du rap depuis dix ans. Je suis originaire de Paris. C’est en 1997 que j’ai commencé à écrire et à poser mes premiers textes au côté de mon grand frère H. de l’île, membre du collectif de Bagneux Instance Glauque avec des artistes tels que Diam’s ou encore Explicit Samouraï du Saïan Supa Crew. En 2004, à l’âge de 17 ans, j’ai vendu mes premiers disques à la sauvette, aux Puces de Paris-Clignancourt. J’ai, par la suite, enchaîné avec les groupes (Ks de l’île, 5e Grif, La Sente, Le Système auditif) pour enfin trouver mon binôme en 2004 avec Ibrahim (I.B.R.) avec qui, j’ai formé le groupe Holster. En 2006, j’ai sorti mon premier street album, Mode crime.

Le morceau Tah notamment fut très apprécié et marqua les esprits, me faisant connaître auprès du public rap français. La même année, il apparaît de façon très remarquée dans la compilation Talents fâchés 4 d’Ikbal avec le morceau Mon peura arrache tout. J’ai par la suite fit pas mal d’albums. Au début, quand je faisais de la musique, c’était vraiment par pur plaisir, mais aujourd’hui, j’arrive à vivre de cela.

Pour moi, ce n’est pas quelque chose que j’ai voulu. C’est quelque chose qui s’est fait naturellement. J’ai un message important à faire parvenir aux gens : c’est de faire de la musique par plaisir et par passion avant de penser à se faire de l’argent ou autre. Ce sont des choses qui mettent des barrières dans la carrière de tout artiste. Il est impératif que la base repose sur l’amour du métier. Aujourd’hui, c’est une bonne chose pour moi d’avoir réussi et que j’apporte du plaisir.

– Votre célébrité est due essentiellement à votre tube 4 étoiles…

Il est tout à fait exact que c’est le son 4 étoiles -en référence au drapeau comorien- qui m’a révélé au public français. Quand j’ai fait ce remix-là, c’était l’époque où internet commençait à émerger. Incontestablement, cela m’a permis de gagner au 92 de Paris. Il va de soi que par la suite le son s’est élargi en gagnant d’autres cercles d’idoles.

Le clip vidéo est sorti le 22 juin 2012. Ce dernier a été, entièrement, tourné au Brésil. J’ai fait un morceau 92 qui est une reprise de 94 du rappeur comorien Rohff. La musique de ce dernier a beaucoup bercé mon enfance. Rohff était déjà à l’époque un artiste confirmé. Le fait de me voir à ses côtés était très bénéfique pour moi, d’autant plus que le morceau était, sans aucune prétention de ma part, réussi. Je suis convaincu qu’il s’agit là de mon plus grand morceau à l’heure actuelle.

– Quel regard portez-vous sur le rap français ?

Je pense que le rap français est en nette évolution. Il y a des artistes pour toutes les personnes. Le rap français se targue de s’ouvrir à plus de tendances musicales, invitant continuellement des artistes, à travers le monde pour des featuring. Il y a des gens qui n’aiment pas le rap, mais qui arrivent à s’identifier. Ceci étant, j’estime que le rap français se porte très bien et a de beaux jours devant lui.

– Sinon, avez-vous eu l’occasion de croiser ou de rencontrer sur votre chemin quelques rappeurs algériens ?

Hélas non. Je ne connais que les artistes algériens qui sont français, originaires d’Algérie. Les artistes locaux d’Algérie, je ne les connais pas. Ceci étant, j’aimerais bien les découvrir. Comme j’ai l’habitude de le dire, avant la musique, j’aime bien connaître l’humain. Si humainement, on s’entend bien et qu’on est sur la même longueur d’onde, j’aimerais bien réaliser avec plaisir un projet avec un ou des artistes algériens.

Nacima Chabani – elwatan.com

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