Suspension du monopole du riz ordinaire : L’Onicor justifie l’intérêt de son exclusivité

Dans un point de presse, tenu hier au Retaj Moroni hotel, les responsables de l’Office national d’importation et de commercialisation du riz (Onicor) ont, une fois encore, condamné, sans équivoque, la suspension du monopole sur le riz ordinaire par l’exécutif de l’île de Ndzuwani (lire nos éditions du 22 et 29 aout dernier).

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Le directeur de l’Onicor, Aladine Daroumi a, surtout, expliqué “chiffres à l’appui“ que les arguments avancés par les autorités de Ndzuwani, pour octroyer des licences d’importation de riz ordinaire à des particuliers, ne correspondaient pas à la réalité. Et pour preuve, a-t-il voulu, 4.320 tonnes de riz auraient été acheminés à Ndzuwani pendant le mois de ramadhwani.

“Le gouvernorat soutient que l’île consomme trois mille tonnes par mois. Nous avons envoyé plus de quatre mille tonnes… Comment peut-on alors parler de pénurie“, s’est-il exclamé. En s’appuyant sur les chiffres, Aladine Daroumi a affirmé que de janvier à août 2012, l’Onicor a déchargé 16.016 tonnes de riz à Ndzuwani contre 10.096 à Ngazidja. “Nous avons mis le paquet à Ndzuwani justement, pour qu’il n’ait pas de pénurie“, a-t-il soutenu avant de poursuivre: “Le prix du riz d’Onicor à la consommation n’a jamais dépassé les 350 francs le kilo“.

Dans la grande majorité des points de vente, le riz ordinaire est vendu à 400 francs comoriens voire à 450. Aladine Daroumi a indiqué que c’étaient les structures de contrôle des prix des îles autonomes qui devraient ramener le prix du riz de l’Onicor conformément aux arrêtés signés par les autorités centrales. Le gouverneur de Ndzuwani avait jugé, le 19 août dernier à l’occasion de l’Aid el-fitr, que l’Onicor était défaillante pour assurer l’importation et la commercialisation du riz, en particulier dans l’île de Ndzuwani et avait décidé, contre toute attente, de suspendre le monopole exclusif de l’Onicor dans cette île.

En réaffirmant le soutien du gouvernement à l’Onicor, le délégué à l’Economie, Abdou Nassur, a justifié le monopole de l’Onicor par le respect de la loi, qui n’a toujours pas été changée, mais aussi par le souci de maitriser cette denrée de première nécessité, dit-il, “afin d’éviter les fausses pénuries“. Le délégué à l’Economie a exprimé ses regrets que des autorités poussent la population au soulèvement. “Nous avons payé très cher, les conflits du passé entre l’Union et les îles autonomes “, a-t-il souligné, en instant sur l’intérêt du dialogue et de la concertation.

Selon un document remis à la presse par l’Onicor, l’entreprise publique a réalisé un chiffre d’affaires de 20 milliards de francs de 2008 à août 2012. Elle aurait aussi, après avoir pénétré entièrement à Ndzuwani en 2012, versé au Trésor public 1,044 milliard de francs de Taxe unique (en seulement en huit mois).

Toyb Ahmed

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Riz ordinaire à Ndzuwani : la première licence d’importation annulée quatre jours après sa signature

La polémique suscitée par la suspension du monopole de l’Onicor sur le riz ordinaire ne finit pas de faire des vagues. En effet, une licence d’importation (la première?), signée par le commissaire à l’Economie du gouvernorat de Ndzuwani, Mahamoud Mohamed Elarif, et datée du 6 septembre dernier, a autorisé un commerçant, dénommé Daniel Ahmed Abdallah, à importer 504,85 tonnes de riz ordinaires à 5% de brisures.

La licence d’importation précise qu’elle sera valable soixante jours à compter de sa date de signature. Pourtant, le directeur de l’Onicor croit savoir que les 500 tonnes de riz ont été au port de Mutsamudu avant même la signature de la licence par le commissaire. Pour illustrer ses dires, il a présenté une note du 8 septembre dernier, qui fait mention d’un “engagement de modération des prix“ entre la direction du commerce de Ndzuwani et Daniel Ahmed Abdallah.

Cet engagement, qui évoque effectivement 504 tonnes de riz à 5%, fixe à 375 francs le prix du kilo à la consommation. Seulement à 5% de brisures, il ne s’agit pas de riz ordinaire mais plutôt de riz de luxe. La douane de Ndzuwani exigerait donc 150.000 francs par tonne pour libérer les graines. “Ils ne savaient pas que du riz à 5% de brisures n’est pas du riz ordinaire“, s’est moqué une source proche du dossier.

Revirement de situation le lundi 10 septembre, une autre note de service, portant annulation de licence, revient sur la licence d’importation de riz ordinaire n° LI/01/12/Ian octroyé au commerçant cité ci-haut. Les raisons évoquées par la note du même commissaire, dont Al-watwan s’est procuré une copie:“ il est demandé au service des douanes de procéder à une expertise pour déterminer la qualité réelle du riz et homologuer sa valeur en douane”. Une source du ministère de l’Economie affirme que les 500 tonnes de riz à 5% de brisures sont toujours au port de Mutsamudu.

T. A

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