Télécommunications Octroi d’une seconde licence : opacité dans le processus

La liste des soumissionnaires à l’appel à manifestation d’intérêt lancé pour l’octroi d’une seconde licence du secteur des télécommunications aux Comores à un nouvel opérateur a été remise aux autorités compétentes, en l’occurrence le vice-président chargé du ministère des finances, le ministre des télécommunications et le président de la République, selon des informations recueillies par La Gazette des Comores.comores-telecom

Le chef du département juridique de l’autorité nationale de régulation des Tics, Djinty Ahamada, qui a pourtant accepté de répondre à nos questions, s’est rétracté à la dernière minute. Il s’est retenu de nous livrer la moindre information sur ce processus. Un manque de transparence qui en dit long sur le processus.

Selon nos informations au sein de l’ANRTIC, les cadres du conseil de direction sont également écartés. Ils ne sont ni informés, ni impliqués dans la gestion du processus. C’est à croire que le gouvernement souhaiterait garder une main mise sur le dossier.

Une source proche du dossier et qui suit de près le processus voit en cette opacité le moyen, pour le gouvernement, d’octroyer en douceur la seconde licence à un opérateur qui ne remplirait pas les critères satisfaisants. Un jeu dangereux.

« Le processus perd en crédibilité si on fait croire que tout est présenté aux autorités avant publication », a réagi un consultant qui suit aussi le dossier. « L’absence de transparence peut amener les opérateurs les plus sérieux à se retirer », a-t-il poursuivi.

Le processus d’octroi d’une seconde licence dans le cadre de la libéralisation du secteur des télécommunications serait irréversible si l’on mettait « une réelle implication et volonté du gouvernement ». A défaut, l’on devrait miser sur la mobilisation des acteurs économiques et des banques ainsi que des consommateurs.

La classe politique, quant à elle, n’a jamais jugé utile de s’impliquer véritablement dans les questions économiques du pays, ni pour le progrès social, ni pour le désenclavement numérique du pays et de son intégration dans la société de l’information et des télécommunications. Leur silence affiché sur l’affaire Comores Telecom, unique opérateur qui continue à abuser de sa position de monopole, en est la parfaite illustration.

A.A.Hamdi/LGDC

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