Témoignages exclusifs des jumelles…

Cette semaine Salwa Mag donne la parole aux jumelles. Elles ont accepté de nous confier un peu de leurs secrets, leurs anecdotes, leurs histoires… Elles se ressemblent bien sûr mais jusqu’où vont leurs ressemblances? Quelles sont leurs différences? Comment vivent-elles cette situation? Pour en savoir plus sur les jumelles, ne manquez surtout pas les prochains numéros de Salwa Mag.

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Et dans ce même chapitre, vous aurez droit à des témoignages exclusifs des mamans de jumeaux. Des témoignages livrés avec beaucoup d’amour et de complicité…

Assia et Marie Ibrahim : « On était des rivales en classe ».

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L’une se définit comme « rebelle » mais avec une voix féminine alors que l’autre est timide avec une voix grave. L’une est « fofolle » alors que l’autre est posée, calme et aime faire les taches ménagères. Elles s’appellent Assia et Marie Ibrahim, nées à Moroni mais originaires de Salimani Itsandra. A 22 ans, elles sont étudiantes en troisième année de Droits. L’une en Droit public et l’autre en Privé. Depuis le Maroc où elles se trouvent, elles nous racontent leur histoire notamment leur séparation à cause du divorce de leur parents…

Cela fait quoi d’être jumelle?

Le faite d’être jumelle est une situation particulière et un fait très beau. Parce que, être jumelle, c’est avant toute, une vie à deux. C’est aussi savoir qu’on a quelqu’un qui est là en permanence avec toi. Une personne qu’on partage tout, même les trucs sans importance. On a des sensations identiques et des fois les mêmes pensées, la même manière de dire ou de faire les choses. C’est tout simplement trop magique.

Les moment forts…
Alors nos moments forts, c’est nos réussites dans nos parcours scolaires. Le faite qu’on réussit en même temps, qu’on fait chaque pas ensemble, qu’on a eu le bac la même année.

Des disputes?

(Rire) Les disputes, c’est courant. Mais cela ne signifie pas qu’on s’aime pas. La preuve, c’est qu’on se dispute et 10 min après, on se reparle même pour dire un truc banal. Le but, c’est de nous réconcilier et revenir à nos folies.

La vie en classe…

A l’école, on dirait qu’on était trop différents des autres jumeaux. Parce qu’une fois qu’on est dans la salle des classe, c’était chacun pour soit, Dieu pour nous tous. Il y avait une sorte de concurrence entre nous. Chacune voulait surpasser l’autre. On était des rivales en classe. Mais au final, on y arrivait toujours toutes les deux.

La séparation…

A cause du divorce de nos parents, on était séparé pendant un an. Assia, j’étais avec mon père et Marie avec ma mère. Mais on trouvait toujours un moyen de se voir à l’école ou le week-end. Cette période là, a beaucoup marqué notre vie. Après la séparation de nos parents, chacun voulait la garde. Et comme nous étions deux, chacun a pris l’autre. On était des enfants (on avait 11 ans ) pendant la séparation et on ne se rendait pas compte combien ça allait être difficile. Mais à l’adolescence, on était abattues par la séparation

Naima et Naira Hachim, « Les profs étaient souvent troublés par notre ressemblance »

Elles ont étonné plus d’un professeur durant leur cursus scolaire. Malgré que Naima et Naira Hachim sont assises séparément en classe, elles ont eu souvent la même note et parfois les mêmes fautes. Au bac, elles ont décroché la même moyenne. Pourtant, ces jeunes anjouanaises de Domoni mais grandi à Moroni ont des différences. Mais il faut être de la famille pour les déceler. Pur produit du Groupe Scolaire Foundi Abdoulhamid, elles sont aujourd’hui en 2e année de Génie civile à L’université Claude Bernard Lyon 1. A 19 ans, elles se confient à Salwa Mag pour parler de la vie « en double ».

« Etre jumelle est vraiment merveilleux et une chance. Parce que l’on peut s’aider, se parler, se comprendre, réviser ensemble, se conseiller… Bref, on peut tout faire avec son identique. Même si quelque fois, on se dispute, on finit toujours par se comprendre et à se demander pardon. Le fait d’être jumelle est une véritable chance. On est bien des soeurs mais le terme jumelle vient tout changer : on se complète et on partage les mêmes émotions. Par exemple, si l’une d’entre nous fait un exposé ou passe un concours, on est toutes les deux entrain de stresser et réviser pour atteindre un but qui est de voir son double réussir. On a grandi et nous nous sommes vues réussir ensemble les examens. « explique Naira

Les moments forts…

Que ce soit le concours d’entrée en sixième, le Brevet ou le Baccalauréat, on a partagé les mêmes sensations . Ce qui nous a le plus touché, c’est au moment des proclamations des résultats des examens. Vu qu’on a presque les mêmes prénoms à une lettre près, nos numéros et noms se suivent toujours. Et c’est un vrai moment d’émotions que l’on a vécu ensemble. On s’est toujours ressentie dans le coeur vu qu’on se met toujours dans la peau de l’autre. On partage les bons et mauvais moments ensemble en s’épaulant pour avancer le plus loin possible. C’est d’ailleurs, l’une des choses que nos parents nous ont appris: quelque soit la difficulté, toujours compter sur l’autre .

Les séparations…

Nous avions déjà été séparées deux fois. La séparation qui nous a le plus marquée était durant des vacances où l’une devait partir en stage d’un mois. La séparation était vraiment dure. C’était l’une des plus longue. Ce n’était pas facile sachant qu’on était habituée a vivre ensemble depuis toujours. Se réveiller et ne pas voir son double à côté était vraiment bizarre et dur à vivre. On s’ennuyait beaucoup. Mais bon, on se dit toujours qu’un jour on sera amené à faire chacune sa vie et qu’ on ne sera pas ensemble éternellement.

La vie scolaire…

Pendant les examens, on était très sereine parce que on savait qu’on ne serait pas loin l’une de l’autre comme nos prénoms sont presque pareils. Mais ce qui nous paraissait le plus bizarre, c’était la réaction des surveillants et des profs qui nous posaient des questions:  » Vous êtes sûr que vous vous êtes pas échanger vos places ? Comment on pourrait vous différenciez ?  » C’est vrai qu’on se ressemble beaucoup mais c’était drôle de les voir si troublés et incertains.

Les ressemblances…

On a des traits de ressemblance mais chacune à sa personnalité et chacune interprète les choses à sa manière en concluant toujours sur le même point. Cela permet de mieux échanger entre nous. Cette petite différence vient jouer sur notre vie scolaire. En effet, chacune a eu son tour de « gloire »: Naira au primaire, Naima au collège et au lycée, on était au même pieds égalité.

Si par exemple un proche n’arrive pas à nous différencier, il peut nous demander de parler juste pour écouter la voix ou voir des critères pour pouvoir faire la différence entre Naima et Naira.

Nawal et Anicha Moilime: Séparées mais soudées

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Rien n’est plus comme avant entre Nawal et Anicha. La vie notamment le mariage a fait que chacun prend un autre trajectoire après 20 ans de vie en doublette. A 25 ans, elles vivent désormais la séparation. Les jumelles vivent à distance. L’une à Moroni et l’autre en France. « On est séparé depuis 5 ans, c’est assez difficile car on a toujours été ensemble », assure Nawal. Toutefois, la séparation est seulement physique. Les coeurs sont restées soudées malgré la distance et les années. Elles sont restées inséparables. « Dès qu’on a l’occasion de se voir, on est super ravi », martèle-elle. Nawal s’est mariée avec 2 enfants et elle est retournée au bercail. Un pays qu’elles avaient quitté lorsqu’elles avaient 10 ans pour vivre en France où continue de vivre Anicha.

Même si elles affirment que chacune a « un caractère différent », elles n’ont pas cessé de surprendre les gens par leurs ressemblances. « Comme tous les jumeaux, nous avons les mêmes mimiques, la même façon de rigoler, les mêmes expressions. Des fois, on en joue pas mal car ça nous fait rire et cela depuis l’école primaire », se souviennent Nawal et Anicha.

Toutes les deux sont restées liées par ces bons souvenirs et des moment de folie passés ensemble. « Les beaux souvenirs… c’est pendant les poissons d’Avril. On s’amusait à changer nos vêtements pour tromper tout le monde », indique avec fierté et nostalgie Nawal. Et Anicha d’ajouter que « leur grand-mère s’est toujours trompée de prénom mais elle se justifiait en disant que même notre propre mère s’est déjà trompée ».

Un autre beau souvenir que Nawal a gardé en tête,c’ est le jour de l’anniversaire de son fils. « Anicha m’a surprise en venant spécialement du Congo pour participer à ce premier anniversaire », se remémore Nawal qui une fois de plus confirme que  » être jumelle, c’est être complémentaire et savoir qu’il aura toujours une personne sur qui comptait ».

Salwa Mag – Salwa, la Femme Comorienne

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