Tollé après la réforme controversée de l’examen du Bepc

​«On ne change pas les règles en cours de jeu», a-t-on souvent coutume de dire. Le ministère de l’Education nationale vient d’enfreindre cette maxime populaire en imposant aux élèves autorisés à repasser l’oral du Bepc de subir, outre le français, deux épreuves parmi les matières scientifiques. «Seule la meilleure note obtenue par le candidat, soit au premier groupe, soit au deuxième groupe, est prise en compte dans le total des points», précise la note. Hier, à l’entrée du lycée de Moroni, l’indignation et la colère étaient perceptibles sur les visages aussi bien des parents que des candidats après ces brusques modifications. Pour Kassim Hassane, parent d’élève, certains élèves avaient un moment envisagé de s’abstenir de passer les épreuves de deuxième groupe parce qu’ils considéraient cette décision comme une volonté manifeste de es condamner à l’échec.

«Répercussions lors des prochains examens»
Une commission, composée de parents, a été mise en place pour discuter de la question avec le président du jury. «Malheureusement, les responsables n’ont pas suivi notre plaidoyer. Pourtant, il est clair que les élèves n’ont pas été avertis. Ce n’est pas normal de persécuter des enfants de onze à quatorze ans. Les résultats du premier groupe étaient catastrophiques et on risque d’assister à la même chose», déplore Kassim Hassane. Un enseignant de mathématiques à l’université des Comores insiste surtout sur l’impact qu’une telle décision risque de provoquer. Et d’ajouter que cette modification pourrait avoir des répercussions lors des prochains examens, notamment au baccalauréat. «Une telle décision, qui touche tout un cycle, aurait dû être au moins préparée et mise en œuvre après trois ans. Autrement dit, ce sont les élèves actuellement en classe de sixième qui devraient se voir appliquer cette décision», estime-t-il. Pour le président du jury de l’examen du Bepc, Moustakim Djoubeir,il s’agit d’une décision émanant du ministère et il «ne fait que l’appliquer». Le directeur général de l’Office national des examens et concours (Onec), lui, soutient que l’idée n’est pas aussi «méconnue et récente» que certains le croient. «Chaque établissement a reçu la note du ministère portant sur l’organisation de l’examen. D’ailleurs, c’est seulement à Ngazidja où il y a ce tollé. Il faut désormais que chaque responsable d’établissement joue son rôle», a-t-il rappelé.
Nazir Nazi

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