TOURNANTE OU PAS TOURNANTE ? THAT IS THE QUESTION ?

Les Comores se trouvent à la croisée des chemins et les classes dirigeantes actuelles et futures sont divisées sur cette question.

Et je voudrais ici préciser que faire le bilan de la Tournante, contrairement à ce qu’on pourrait penser à priori, n’est pas de juger les pouvoirs AZALI-SAMBI-IKILILOU qui se sont succédés mais plutôt, de tirer des conclusions sur ces institutions mises en place à la hâte sous l’égide de l’Unité Africaine, pour sortir cette république bananière, considérée comme telle par l’ensemble des Nations, suite à nos velléités incessantes de changement débouchant sur des crises séparatistes et de la doter d’un type de régime d’un genre nouveau pour satisfaire les parties en présence.

Bien que réticente au départ à entériner la Déclaration de Fomboni signée le 17/2/2001 pour motif qu’elle était en contradiction avec l’Accord d’Antananarivo du 23/4/199 et que remplacer la République Fédérale Islamique des Comores reconnue par l’ONU et l’UA par une simple confédération d’Etats quasiment indépendants les uns des autres, allait « saper l’unité et l’intégrité territoriale des Comores ».

Logique envers elle-même, l’UA a maintenu ses pressions sur les autorités sécessionnistes anjouanaises notamment ses menaces d’intervention militaire contre « l’île Rebelle ».

Ce dernier arrangement inter-comorien a été bien accueilli par l’ensemble de la Communauté Internationale grâce à la présence des représentants officiels de l’UA.

L’année 2001 a été décisive dans la mesure où elle a permis de doter les « îles de la Lune » de nouvelles institutions démocratiques dans le cadre constitutionnel entièrement rénové de l’« Union des Comores »

Il a fallu mettre en place laborieusement de nombreux mécanismes institutionnels dont la viabilité et le réalisme restent à démontrer dans un petit État archipélagique, appartenant au Quart-monde, grand comme un « mouchoir de poche » et relativement peu peuplé.

Au terme des Tournantes entre les 3 îles, en excluant Mayotte où les conditions ne sont pas encore réunies, il est temps de se poser la question dès lors qu’il y a, en quelques sortes, quatre constitutions, quatre présidents et quatre assemblées délibérantes et que cette nouvelle Union des Comores, créée au début du XXIe siècle, est de nature à empêcher la lente désagrégation de l’archipel des Comores sur le plan politique commencée depuis 1975 par la perte de Mayotte et d’une façon éphémère mais spectaculaire la proclamation de l’indépendance de l’île d’Anjouan en 1997 !

Sur le plan économique, il n’est point besoin d’être un expert en économie pour affirmer que cet Etat à 4 têtes, budgétivore à outrance car son budget de fonctionnement atteint 80% des rentrées fiscales et parafiscales du pays.

Les sociétés d’Etat mises en place dont certaines sont largement excédentaires, bien gérées telles que Comor Telecom, SCH, SNPSF pourraient contribuer à palier au déficit budgétaire, malheureusement elles sont gérées par les Responsables comme leurs entreprises personnelles et échappent à tout contrôle de l’Etat.

De 2005 à 2015, les contributions des Iles à l’Union sont passées de 6.1 à 10.6 milliards de fc, les dépenses primaires de 24 à 42 milliards de fc, les financements extérieurs de 3.5 à 27.8 milliards de fc et les recettes totales de 24.8 à 42.2 milliards de fc. Le budget de fonctionnement à lui seul est passé 14.3 à 24.9 milliards de fc, le coût de l’Union représente 40% de ce budget de fonctionnement.

Les conséquences de ces déséquilibres financiers sont désastreuses pour le pays et la situation socio-économique peut se résumer ainsi :

80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et sauvée par l’apport de la diaspora.

Le chômage va en s’aggrandissant et touche surtout les jeunes qui sortent des universités et qui ne trouvent pas d’emplois ; le parasitisme et les autres formes de chômage deviennent fléaux.

La Fonction Publique du fait même des formes de nos institutions mises en place aux accords de Fomboni absorbe 80% de nos recettes fiscales et parafiscales.

Le déficit de notre balance commerciale a atteint des proportions telles qu’elles rendent notre pays de plus en plus dépendant des aides extérieures.

Le déficit de notre balance commerciale a atteint des proportions telles qu’elles rendent notre pays de plus en plus dépendant des aides extérieures.

La qualité de vie de la population et surtout des plus démunis s’est détériorée et le minimum vital n’est pas assuré.

L’Etat reste absent dans le domaine de l’aménagement du territoire et perd tout pouvoir dans les villes et villages. L’Education de base laisse à désirer, l’enseignement privé prenant le dessus sur l’enseignement public tout en restant de qualité médiocre.

La Santé de base n’est plus assurée, l’hôpital de référence « El Maanrouf » est devenu un mouroir, les cliniques privées, les pharmacies poussent ça et là faisant fi des normes et qualités dans ce domaine.

Les Sociétés d’Etat échappent à tout contrôle de gestion et les Directeurs qui y sont nommés profitent de cette carence pour considérer ces sociétés d’état comme leurs entreprises personnelles.

Les aides octroyées par nos Bailleurs de Fonds traditionnels destinées à des programmes d’investissement public sont détournées de leurs objectifs pour financer des actions sur la bonne gouvernance ou sur les séminaires de formation inefficaces et inutiles.

Les lois sur la passation des marchés publics, sur l’urbanisme et l’habitat, sur le code de la route, etc …. sont violées quotidiennement sans que les pouvoirs publics réagissent.

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Le commerce informel a atteint des proportions inacceptables et pèsent de plus en plus lourd dans le déficit de notre balance commerciale

Enfin et surtout, l’émergence d’une nouvelle caste de « riches » qui profite du laxisme de l’Etat face à la corruption Violation du code de la route Afin de préserver l’avenir, la Constitution comorienne du 23/12/2001 dispose dans son article 39 : « Les institutions de Maoré (Mayotte) seront mises en place dans un délai n’excédant pas six mois à compter du jour où prendra fin la situation qui empêche cette île de rejoindre effectivement l’Union des Comores » (alinéa 1er ). Le même article précise que « la présente Constitution sera révisée afin de tirer les conséquences institutionnelles du retour de Maoré au sein de l’Union » (alinéa 2).

Et que cet article nous aborde dans ce sens que la Tournante est arrivée à son terme après le tour de Mwali et que de facto la tenue des Assises Nationales s’impose .

Et de conclure par les réflexions de MM Jacques Sylla, Paul Berenger et le Secrétaire Général de la COI sur leurs réserves quant à la réussite de ce double processus de pérennisation de la démocratie aux Comores avec l’instauration d’un régime de type présidentiel et sur les tentatives de restauration de l’unité politique et juridique des « îles de la Lune » dans le cadre d’un État fédéral.

Le Secrétaire Général,
Du FRONT PATRIOTIQUE SOILIHISTE
F. DRAMSI

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