Trois questions à Amina Abdallah, directrice générale de Comores Câbles

AA

Quelle est votre priorité à la tête de cette nouvelle structure ?

J’hérite d’une structure vide, qui n’existait pas. Bref, une structure à créer. Une de mes priorités sera de mettre en place la société afin qu’elle ait un visage. Aujourd’hui elle a un nom mais pas un visage. Il y a aussi l’obtention d’un local pour nous permettre d’exister pleinement en étant visible. Et enfin le redéploiement des employés de Comores Télécom vers Comores Câbles bien qu’il y ait la peur de l’inconnu, mais c’est normal aussi. Dans le fond, il nous faut concrétiser cette mise en œuvre et pouvoir après offrir aux opérateurs et peut-être aussi aux fournisseurs d’accès, puisque Comores Câbles va aller dans le sens de la vente en gros et non vendre aux utilisateurs finaux, un marché où tous les différents intervenants pourront avoir un accès aux câbles dans des termes n’incluant aucune discrimination, c’est la philosophie.

 

Où en est le projet des câbles sous-marins régionaux Fly/Lion 3 ?

Comores Câbles a été créée pour hériter des actifs câbles de Comores Télécom mais aussi de ce projet à venir appelé Fly/Lion 3. Pour l’instant, les négociations trainent par rapport aux intérêts des uns et des autres. Lors de la dernière réunion à Paris en mars 2015, on s’est quitté avec des problèmes de tarifications d’interconnexion de part et d’autre. La réunion qui devait suivre en juillet n’a pas eu lieu, toutefois nous sommes confiants. Le projet va se faire malgré les retards. Mais c’est normal, chacun a ses intérêts. Les uns estiment que comme les Comores, vont bénéficier d’un appui de la Banque mondiale au niveau du financement et ils doivent profiter au maximum. Nous, nous estimons que nous sommes les seuls bénéficiaires du financement et non la région, d’où les difficultés par rapport à la mise en œuvre, mais encore une fois nous sommes confiants.

 

Cela fait plusieurs années que les Comores sont raccordées aux câbles, pourquoi les usagers ne bénéficient pas encore du haut débit tant annoncé ?

Par rapport aux usagers, c’est un choix que mon ancien employeur a fait. En 2010, nous avons eu connaissance de l’atterrissement du câble Eassy dans la région. Sachant que localement nous n’avions pas les infrastructures nécessaires pour accueillir le haut débit et que ce câble passait dans la région, nous avons donc saisi l’opportunité. Surtout qu’on ignorait le passage d’un autre câble dans cette zone. C’est un choix discutable mais assumé. Maintenant la suite logique aurait été d’installer le backbone national qui est le réseau de fibre optique national intra-îles qui devait se faire avec le prêt Exim bank Chine. Malheureusement, les discussions ont beaucoup trainé et le gouvernement a eu des instructions des partenaires financiers expliquant que ce prêt n’est pas concessionnel par rapport aux normes de la Banque mondiale et du Fmi. A l’instant où je vous parle, je peux vous affirmer que les travaux vont débuter dans peu de temps pour installer le backbone national, ce qui permettra aux usagers de bénéficier pleinement de l’accès au haut débit. En gros, le démarrage des travaux interviendra à la mi-septembre ou au plus tard la fin du mois.

 

 Propos recueillis par Abdallah Mzembaba

Alwatwan

1 commentaire sur Trois questions à Amina Abdallah, directrice générale de Comores Câbles

  1. Bonsoir
    Le câble qui passe par les Les Comores est le même qui passe par Djibouti(même période)
    Les Djiboutiens profitent depuis 2ans de cette nouvelle technologie.
    Certains des comoriens ignorent la signification du câble sous marin
    Un des responsables de Comore télécom peut nous expliquer
    L’historique du tronçon’gombessa’le câble qui relie Mayotte au reste du monde? Transaction entre les Comores et la France

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