Troisieme Dialogue politique Comores-Union européenne: Etat des lieux des projets et perspectives

L’Union des Comores et l’Union européenne ont renouvelé hier leur engagement à poursuivre leur partenariat et à défendre «l’esprit» des programmes de coopération hérités des accords de Cotonou liant l’Europe et les pays Acp (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Le troisième Dialogue politique Comores-Ue a été co-presidé par le ministre des Affaires étrangères, Souef Mohamed El-Amine, et le chef de la Délégation de l’Union européenne, Antonio Sanchez Benedito, en présence du ministre des Finances, Saïd Ali Saïd Cheyhane.

Le troisième Dialogue politique Comores-Union européenne a pris fin hier au terme de quatre heures de discussions au Golden Tulip Hôtel. Politiques et techniciens des deux bords ont passé en revue les projets exécutés ou en cours d’exécution aux Comores dans le cadre de la coopération qui lie les Comores et l’Union européenne.

C’est le ministre des Affaires étrangères, Souef Mohamed El-Amine, qui a co-présidé cette séance d’échanges avec l’ambassadeur Antonio Sanchez Benedito, le chef de la Délégation de l’Union européenne aux Comores basé à l’île Maurice. Le ministre des Finances, Saïd Ali Saïd Cheyhane, avait assisté à ce troisième dialogue après celui de 2015 et de 2017.

Les deux parties sont liées par de nombreux accords de coopération dont ceux de Cotonou et les Accords de partenariat économique (Ape) mais aussi par une coopération spécifique hautement saluée en raison «des fruits» qu’elle apporte, selon un technicien comorien qui a assisté aux débats organisés à huis clos.

Ce dialogue s’était essentiellement focalisé sur «la suite des Assises nationales, les Droits de l’Homme, la justice et la lutte contre la corruption», d’après un communiqué final conjoint qui a également précisé que les deux parties avaient également échangé sur «la croissance, l’emploi» et le suivi des projets arrêtés dans le cadre du 11ème Fed.

Dans son mot d’ouverture, Souef Mohamed El-Amine est revenu sur la nouvelle trajectoire tracée par l’Union des Comores visant à enraciner un processus de développement durable, respectueux des valeurs démocratiques et capable de s’inscrire dans «une vraie dynamique» de réduction de la pauvreté.

«Notre partenariat nous interpelle à plus de collaboration dans notre coopération commerciale afin d’aider notre économie à intégrer l’économie mondiale et permettre notre adhésion totale à l’Omc mais aussi la mise en œuvre des Odd (Objectifs de développement durables, Ndlr)», a-t-il souligné. Le chef de la diplomatie comorienne a appelé les hauts responsables de l’Ue à privilégier davantage l’esprit d’un partenariat gagnant-gagnant afin d’aider le pays à sortir de la misère. «Comment peut-on parler de démocratie dans un environnement où le minimum vital n’est pas garanti», a-t-il interrogé, précisant que «tous les pays sont menacés», citant la corruption, les trafics de toutes sortes, les terrorismes et l’exode économique.

«Le gouvernement comorien est attaché au renforcement des principes de la démocratie et à la mise en œuvre des politiques de développement efficaces», a soutenu le ministre qui précise que l’ensemble de toutes ces politiques doit «permettre à la population comorienne de sortir de la précarité». Pour lui, «l’Etat de droit passe nécessairement par le développement économique et le bien-être des populations». Pour sa part, l’ambassadrice de France aux Comores, Jacqueline Bassa-Mazzonni, s’est félicitée de la tenue de la troisieme session du dialogue politique espérant «une suite positive» des échanges ayant rythmé les débats, appelant «à la poursuite» du dialogue entre toutes les parties impliquées.

L’Ue, qui se dit attachée au respect des Droits de l’Homme, compte appuyer l’Union des Comores à travers divers programmes et projets évalués à 50 millions d’euros pour la période 2017-2020, soit 25 milliards de francs comoriens dans les secteurs des infrastructures, de la Formation professionnelle et de la Justice. (Lire-ci-dessous).

S’agissant de la mise en œuvre des recommandations des assises, «l’Union européenne a réitéré l’importance du dialogue et du consensus dans leur mise en œuvre», selon toujours le communiqué conjoint qui précise que «la partie comorienne a pris bonne note des préoccupations exprimées par l’Ue sur certains dossiers urgents».

Il est à noter que ce troisieme dialogue politique n’a pas fait mention des conclusions des autres sujets jugés «indispensables» par des cadres comoriens comme les barrières érigées empêchant l’accès aux produits comoriens dans le marché européen ou encore l’accord de pêche suspendu «provisoirement» et qui liait les Comores et l’Union européenne pendant de nombreuses années.
A.S.Kemba

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