Tunisie: deuxième journée de violences à Siliana

28 November 2012

Tunisie: deuxième journée de violences à Siliana

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Un homme reçoit des soins après avoir été blessé lors des heurts avec la police à Siliana (sud-ouest de Tunis), le 28 novembre 2012 ©AFP

SILIANA (Tunisie) (AFP) – (AFP)

Plus de 200
personnes ont été blessées mercredi au
deuxième jour de violences entre manifestants et
policiers à Siliana, à 120 km au sud-ouest de
Tunis, où la situation semblait s’être calmée
dans la soirée à la veille d’un nouvel appel
à manifester.

Le principale centrale syndicale de Tunisie, l’UGTT a
appelé à de nouvelles manifestations jeudi pour
réclamer la démission du gouverneur régional,
un programme de développement économique dans
cette région très pauvre et la libération de
manifestants arrêtés en avril 2011.

Le Premier ministre, Hamadi Jebali, a prévenu les
manifestants mercredi soir à la télévision
que « ce gouverneur ne partira pas », sa seule
réaction aux évènements.

« Si les manifestations (de jeudi) sont pacifiques, la
police n’interviendra pas », a de son côté
assuré à l’AFP le porte-parole du ministère
de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, ajoutant qu’en cas
d’intervention « le principe est toujours de ne pas faire
de morts ».

Selon lui, les manifestants ont attaqué la
préfecture et plusieurs postes de police mercredi,
forçant les policiers à réagir.L’UGTT accuse
pour sa part les forces de l’ordre d’un recours excessif
à la force.

Ces affrontements ont fait, selon des sources
hospitalières interrogées par l’AFP, 265
blessées qui souffraient d’impacts de chevrotine de
petit calibre, de contusions, de fractures et de coupures.

Dix-neuf
personnes ont été éborgnées ou
aveuglées par les tirs et ont été
transférées à Tunis à la clinique
ophtalmologique.Deux journalistes de la chaîne
d’information France 24 ont été aussi
légèrement blessés.

Dans la soirée un calme précaire était revenu.L’ensemble des commerces étaient fermés et des
barricades formées par des manifestants avec des pneus
enflammés barraient de nombreuses rues.

Un groupe de jeunes bloquait par ailleurs la principale route
menant à Siliana afin d’empêcher la venue de
renforts policiers, alors que les syndicats appellent à
de nouvelles manifestations jeudi.

Quelques échauffourées ont encore eu lieu vers
21H30 locale (20H30 GMT).

Les revendications des manifestants de cette ville ne sont
pas sans rappeler celles de la révolution de janvier
2011, la misère, le chômage et la
dénonciation de l’arbitraire de la police ayant
été à l’époque au coeur du soulèvement.

La
région de Siliana est très affectée par des
difficultés économiques.Selon des statistiques
officielles, les investissements y ont baissé de 44,5%
et les création d’emplois de 66% sur la période
janvier-octobre 2012 par rapport à la même
époque de l’année précédente.

Des violences éclatent d’ailleurs
régulièrement en Tunisie entre policiers et
manifestants excédés par la pauvreté, en
particulier dans les provinces de l’Intérieur du pays,
très marginalisées.

« Les habitants de Siliana les plus touchés par la
pauvreté ne se mettront jamais à genoux », a
déclaré le secrétaire général du
bureau régional de l’UGTT, Néjib Sebti,
déclarant que les manifestants étaient prêt
à « mourir pour leurs droits ».

La direction du syndicat à Tunis a dénoncé
dans un communiqué « la répression des
manifestations pacifiques » et quelque 200 personnes ont
également manifesté à Tunis en soutien aux
habitants de Siliana à l’appel de la centrale.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a lui
assuré que le gouvernement était ouvert à la négociation.

« La porte du dialogue est ouverte, il faut arrêter
la violence », a déclaré M. Tarrouche.

La Tunisie est minée par les conflits politiques et
religieux ainsi que des des difficultés
économiques à l’approche du deuxième
anniversaire de sa révolution qui était à
l’origine du printemps arabe.



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