Un double homicide a été commis mardi soir à Mutsamudu

Ce drame a pris sa source dans un conflit conjugal entre Fazir et sa femme, et qui a vite requis l’intervention des voisins. Le jeune homme n’a depuis cessé d’annoncer à qui voulait l’entendre qu’il tuerait Mohamed Youssouf avant la tombée de la nuit.

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anjouan
Deux hommes ont été tués le soir du mardi dans la ville de Mutsamudu à Ndzuani. Le premier, Mohamed Youssouf, un quadragénaire, a été assassiné à l’aide d’une bouteille de verre cassé, qui lui a été enfoncée dans la gorge. Il venait juste de faire la prière du soir à la mosquée Bwa Saidi de Hampanga, et s’apprêtait à mettre ses souliers pour partir lorsqu’il a été assailli par son meurtrier, un jeune homme du nom de Fazir, habitant le même quartier. Ce dernier sera à son tour lynché par un groupe de jeunes jusqu’ici non identifié, une heure plus tard, alors qu’il déambulait dans les sombres ruelles de la médina, au lieu de prendre la fuite. Les deux victimes ont été enterrées le lendemain mercredi ; Mohamed Youssouf le fut pendant la matinée, mais Fazir n’a pu être inhumé que tard dans la journée. Il semble que son cadavre ne trouvait pas de volontaire pour lui faire son ablution, conformément au rite musulman.

Ce drame a pris sa source le matin du même jour dans un conflit conjugal entre Fazir et sa femme, et qui a vite requis l’intervention des voisins. Selon plusieurs témoignages concordants, ce dernier battait régulièrement sa femme, qui se trouve en ce moment pourtant enceinte. Celle-ci, avec l’aide d’un voisin, avait alors fui le domicile conjugal pour se réfugier chez ce dernier. Son mari, qui la cherchait activement, en est arrivé à penser qu’elle s’était cachée chez la mère de Mohamed Youssouf, et c’est alors qu’il s’y est rendu.

Une altercation s’en est suivie entre les deux hommes, puis le voisinage est intervenu pour calmer la situation, mais le jeune homme n’a depuis cessé d’annoncer à qui voulait l’entendre qu’il tuerait Mohamed Youssouf avant la tombée de la nuit. Et le soir tombé, l’homme a effectivement joint la parole à l’acte.

Ce dénommé Fazir n’était pas un enfant de cœur, et tous ceux qui avaient eu la terrible occasion de croiser son chemin le décrivent comme quelqu’un de très violent. A son actif, il comptait déjà plusieurs agressions, dont celle perpétrée contre un de ses supérieurs hiérarchiques du temps où il était dans l’armée, et qui lui a d’ailleurs valu sa radiation, ou celle exercée récemment contre son propre beau-père. Le jeune homme était également bien connu pour ses nombreux actes ou tentatives de cambriolage et de vol : il y a à peine quelques mois, une affaire de vol d’or l’avait conduit en prison.

Il pouvait aussi de temps en temps emprunter des manières de bandit de grand chemin : tout récemment, il s’était introduit dans le domicile d’une femme médecin de Mutsamudu et l’avait menacée d’agression si elle ne lui filait pas de l’argent.

Il s’agissait donc d’une personne qui était bien connue de la justice et des forces de l’ordre pour le danger public qu’il représentait, et pourtant il était en liberté. Mais le plus grave dans l’affaire du double meurtre en l’occurrence, a été le fait que mardi matin, après la scène d’altercation, sa future victime est allée déposer une plainte à la gendarmerie de Hombo au sujet des menaces de mort qu’il recevait de la part de Fazir. Plaintes restées lettres mortes. Et cette gendarmerie qui n’a pas pu empêcher un meurtre pourtant annoncé à cor et à cri, n’a pas non plus empêché le lynchage de Fazir le soir, bien au contraire. « Lorsqu’ils [les gendarmes] sont venus sur place, Fazir était déjà battu et gisait par terre. Mais au lieu de venir à son secours, ils l’ont balancé violemment dans leur véhicule, à la manière d’un sac de riz », affirment avec concordance plusieurs témoins de la scène.

Dans son discours à l’occasion de la fête du débarquement mercredi, le gouverneur Anissi Chamsidine a d’ailleurs parlé de ce drame, en déplorant les faiblesses de notre justice et l’impunité, qui seraient selon lui à l’origine de cette montée de la violence.

SM/Alwatwan

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