Un Maorais demande aux autorités de se prononcer sur le tour de Mayotte

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PRESIDENTIELLE 2016. La démarche de l’Association Suluhu, d’après son président, serait motivée par le constat selon lequel “le gouvernement s’achemine en ce moment vers un second tour de l’île de Ngazidja”, ce qui est, à ses yeux, “contraire à la loi”.

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“Au nom des associations mahoraises que je représente et au nom de tous les patriotes comoriens, j’ai l’honneur de vous rappeler que le moment est venu pour l’île comorienne de Mayotte de proposer au peuple comorien son candidat à l’élection présidentielle “. C’est en ces termes que le président de l’association Suluhu,  Zirari Madi, a introduit son message adressé aux partis politiques comoriens.

Ce natif de l’île comorienne de Mayotte a convié la presse locale à Moroni hier pour expliquer pourquoi  il réclame le tour de Mayotte dans l’organisation de l’élection présidentielle de l’Union des Comores en 2016.

“Je suis venu saisir la Cour constitutionnelle, mais après avoir constaté que cette institution ne s’était pas encore prononcée sur l’île devant organiser la primaire de 2016, j’ai pris la décision de saisir le président de la République et demander sa position sur le sujet”, a déclaré le porte-parole du Front démocratique, section de Mayotte. Dans son courrier adressé aux partis politiques, Zarari Madi écrit que “le tour de Mohéli s’achève. Mayotte, selon l’article 13 de la Constitution, doit impérativement prendre la relève”.

La démarche de l’Association Suluhu, d’après son président, serait motivée par le constat selon lequel “le gouvernement s’achemine en ce moment vers un second tour de l’île de Ngazidja”, ce qui est, à ses yeux, “contraire à la loi”. Si Zirari Madi reconnait que la loi dispose que l’organisation de l’élection à Mayotte suppose des préalables annoncés par l’article 44, à savoir la mise en place des institutions, il déplore le manque de clarté de la Constitution estimant que ceux qui l’ont élaborée “se sont coupés les doigts ou on leur a fabriqué un outil pour leur couper les doigts”.

Il souhaite que les autorités comoriennes s’expriment clairement sur la question.

“Pour les Mahorais patriotes et pour l’Histoire de notre Nation, votre réponse est d’une importance capitale”, dit-il, ajoutant que les difficultés de la vie quotidienne, les gabegies et autres actes contraires au développement ont un impact sur l’amour des Comoriens de Mayotte comme des autres îles pour leur pays. Zirari Madi explique que les Maorais ne peuvent plus se contenter de postes ministériels, comme par le passé, pour s’estimer partie prenante de la gestion des affaires du pays.

“Nous nous en tenons à la loi. Nous demandons le tour de Mayotte ou qu’on nous fasse clairement savoir que ce n’est pas notre droit”, ajoute-t-il. Pas question pour lui de faire acte de candidature si le tour revenait à Ngazidja, sauf s’il y a eu réforme constitutionnelle. “Si  la loi autorise à tout enfant du pays de se porter candidat, je peux décider d’y aller ou de ne pas postuler mais là ce serait clair “, précise-t-il.

Zirari Madi pense, toutefois, que si la volonté y est et tenant compte des difficultés à organiser l’élection à Mayotte, on pourrait l’organiser dans une autre île en faveur des candidats Maorais.

Saminya Bounou /Alwatwan

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