"UN MONDE DE LA MULTI-APPARTENANCE" Entretien avec Léonora Miano

22 novembre 2012

« UN MONDE DE LA MULTI-APPARTENANCE » Entretien avec Léonora Miano

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http://www.africultures.com – 22/11/12

« UN MONDE DE LA MULTI-APPARTENANCE »

à propos d’Habiter la frontière

Entretien de Stéphanie Dongmo avec Léonora Miano

L’auteure du recueil de conférences Habiter la frontière, qui vient de paraître chez L’Arche, explique qu’il s’agit de mettre en relation toutes les identités qui composent un individu. Elle exhorte aussi l’Afrique à développer une conscience forte d’elle-même, parle du racisme anti-Blanc et du vote des étrangers non communautaires en France.

Quel besoin aviez-vous de rassembler des conférences que vous aviez données entre 2009 et 2011 en un recueil ?

J’ai la chance d’être très lue par des étudiants de par le monde, qui travaillent sur les littératures francophones ou d’Afrique. Ils me posent souvent des questions auxquelles répondent ces conférences. Elles ont été données dans des contextes où elles n’étaient pas accessibles à tout le monde, c’était une manière de les partager. Ce sont des conférences qui, à certains égards, parlent un peu de moi et c’est le bon moment dans mon parcours pour me dévoiler un peu plus, même si je reste prudente. Ça reste quelque chose de modeste comme entreprise mais j’espère que ce sera utile.

C’est quoi, habiter la frontière ?

C’est une manière poétique de définir mon identité qui est faite d’un assemblage des choses, puisque je suis en relation avec des mondes différents. Pour les Occidentaux, la frontière c’est là où la porte se ferme, un lieu de rupture, l’endroit qui protège de l’autre. Pour moi, la frontière est un lieu de médiation, là où on rencontre l’autre. Le meilleur moyen de l’habiter c’est d’accepter que ma part européenne et ma part africaine soient constamment en relation. Quand on vient d’un pays comme le Cameroun qui a été traversé par plusieurs nationalités européennes différentes, qui a deux langues officielles, où le côté disparate des populations et de leurs cultures est très visible, où il y a tellement de langues locales dont aucune n’est dominante qu’on est obligé de parler des langues étrangères pour se faire comprendre, la logique du mélange pour créer l’identité est plus évidente. On est obligé d’être dans une démarche qu’Édouard Glissant aurait appelé de « créolisation ». Je crois que ma sensibilité frontalière vient de là.

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Léonora Miano, Habiter la frontière, L’Arche Éditeur, novembre 2012, 144 pages



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