Un séjour en Grande Comore : Quand Marcel parle des Comores, il parle des quatre îles de l’archipel

Le peintre Marcel Séjour va exposer dans la galerie Cad-Art à Moroni du 9 au 24 novembre ses peintures. Paysages, portraits des Comores et des Comoriens.

Le peintre Marcel Séjour va exposer dans la galerie Cad-Art à Moroni du 9 au 24 novembre ses peintures. Paysages, portraits des Comores et des Comoriens.

S‘il a choisi de vivre à Mayotte depuis près de vingt ans, ce n’est pas par hasard. D’autant qu’il avait roulé sa bosse avant de poser ses palettes à Cavani. L’Australie, où il a passé quinze années, l’Afrique de l’Est, de l’Ouest, et bien sûr la France où il est né en 1948. La peinture, il y est arrivé après s’être noyé dans les chiffres comme statisticien pendant deux ans avant de se lancer dans la cuisine, puis l’enseignement comme prof d’anglais. En un mot, Marcel Séjour fait partie de ces gens qui font ce qu’ils ont envie de faire quand il en ont envie. «  Fauché, têtu voire obsessionnel mais farouchement libre  », comme il dit. Un parcours hors du commun. La peinture, il la découvre par hasard lors d’un nouveau passage en Australie en 1980 mais attendra d’être à Mayotte et d’avoir quelques années de plus avant de tout lâcher pour s’y consacrer.

Maintenant, il aimerait surtout que son travail soit reconnu et «  être respecté pour (son) travail  » par les Comoriens. «  Aujourd’hui mes clients, tous Wazungu aiment ce que je fais, suffisamment pour me faire vivre et me payer des folies comme celle que je m’apprête à commettre  ». Une folie puisqu’il a monté cette exposition avec ses seuls deniers qui ne le classent pas parmi les bienheureux assujettis à l’impôt sur la fortune.

Il reconnaît que «  depuis vingt ans que je suis à Mayotte », il tente de trouver son public auprès des autochtones, mais que « ça n’a jamais fonctionné ». Pourtant, il est allé au devant d’eux, comme lorsqu’il a exposé dans la galerie de la grande surface locale. Il espère donc en invertissant les cimaises d’une galerie de Grande Comore, que ceux qu’il peint depuis si longtemps et avec tant d’amitié, seront sensibles à sa vision de l’archipel. Des ruelles de Mutsamudu aux fonds sous marins en passant par les villages mahorais et les portraits de modèles de rencontre ou d’amis, tout est bon pour offrir sa vision des hommes et des paysages.

C’est dans les murs d’une autre grande rêveuse que Marcel Séjour va exposer. Idéaliste, Hissane Guy l’est assurément aussi pour s’être lancée dans l’aventure de la création d’une galerie d’art à Moroni dont les portes se sont ouvertes en 2010. Les deux parcours ont cela de commun que rien ne les prédestinait à s’engager dans l’art. Hissane Guy  »faisait » dans le transport depuis les années 80 avant de tenter de combler l’absence de lieux de rencontre entre artistes et artisans. Les deux personnages ont un autre point commun, celui de se débrouiller seuls, d’aller au bout de leur rêve sans compter sur personne d’autre qu’eux mêmes… et leur public.

Autre rêve de Marcel Séjour dont il ne fait pas secret  : qu’une école, un lycée, un collège ou un stade porte son nom après sa mort «n’importe où aux Comores» et quand Marcel parle des Comores, il parle des quatre îles de l’archipel.

Le vernissage de l’exposition aura lieu le 9 novembre. Renseignements auprès de Hissane Guy au 00269 7692572 ou 00269 3325516.

Eric Trannois

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