Un sommet européen sous pression, à l’issue incertaine sur le budget

Le sommet pourrait être bref et s'achever sur un constat d'échec vendredi. Mais d'exténuantes prolongations sont également envisagées jusqu'à samedi, voire dimanche.

Les dirigeants européens se réunissent jeudi 22 novembre à Bruxelles pour un sommet à l’issue très incertaine sur le budget 2014-2020, tant les divisions sont profondes au sein d’une Union européenne en pleine crise.

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Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, veut arracher un accord et il va tout tenter, « y compris l’impossible », assure son entourage. Mais les négociations s’annoncent particulièrement difficiles avec le premier ministre britannique, David Cameron, qui campe sur son fameux rabais, et un échec est jugé probable s’il refuse de jouer la carte du compromis.

Selon le Financial Times, cependant, M. Cameron serait finalement prêt à un compromis sur le budget et les autorités européennes sont optimistes pour obtenir un accord de Londres. Mais la perspective d’un échec du sommet n’est pas exclue par la chancelière allemande Angela Merkel. « Un nouveau sommet européen sur le budget est possible début 2013, en cas d’échec », a-t-elle déclaré mercredi.

« ON NE DISCUTE PAS DE LA QUALITÉ DES INVESTISSEMENTS »

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est ému mercredi de la tournure prise par les négociations, dans lesquelles les pays les plus riches ne jurent que par une baisse des dépenses. « Couper, couper, couper. Tout le débat porte sur la façon de réduire. On ne discute pas de la qualité des investissements », a-t-il déploré. Il a demandé 1 047 milliards d’euros de crédits pour la période 2014-2020. Ses prétentions ont été jugées déraisonnables par les principaux contributeurs nets – Allemagne, France, Royaume-Uni, Suède, Finlande, Pays-Bas et Autriche – qui ont exigé de ramener les crédits sous la barre des 1 000 milliards.

Lire : Barroso plaide pour un budget européen « de croissance »

M. Van Rompuy a soumis une première proposition avec 75 milliards de coupes réparties sur toutes les politiques, notamment la politique agricole commune que défend bec et ongles la France, et les fonds de cohésion en faveur des pays les plus pauvres de l’Union. Cette proposition a fâché pratiquement tout le monde, à l’exception de l’Allemagne, soupçonnée de l’avoir inspirée. Il en présentera une nouvelle jeudi, juste avant l’ouverture officielle du sommet, prévue à 20 heures. Il aura eu auparavant avec chacun des dirigeants une séance de confessionnal pour comprendre quelle est sa marge de manœuvre dans ces tractations. M. Cameron sera le premier à s’y soumettre. Il est attendu jeudi matin au Conseil.

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Personne ne peut prédire la suite du scénario. Le sommet pourrait être bref et s’achever sur un constat d’échec vendredi. Mais d’exténuantes prolongations sont également envisagées jusqu’à samedi, voire dimanche, « s’il y a une volonté politique » de parvenir à un accord. Le premier ministre britannique compte sur les soutiens de la Suède, des Pays-Bas et de la Finlande. Mais il est conscient d’une volonté de certains de l’isoler au cours de la négociation. « Un échec ne serait pas la fin du monde, mais quel élément nouveau permettrait de faciliter ensuite un accord ? », a mis en garde un responsable européen.

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