Une injection pour troubler la mémoire des opposants au régime d’Azali ?

C’est le gouverneur de Ngazidja Hassani Hamadi qui nous a mis la puce à l’oreille. En exil à Paris, celui qui a dans un premier temps déposé ses valises Mayotte au moyen d’un Kwasa-kwasa parti du large de Mtsangadjou ya Dimani la nuit du lundi 20 mai, révèle qu’il craignait pour sa vie. « J’ai appris qu’une équipe de criminels était mise en place pour m’ôter la vie si je rechignais à faire l’investiture de mon successeur », révèle le premier magistrat de Ngazidja qui doit, au terme des élections anticipées de mars dernier, passer le flambeau à Sitti Farouta. « Quand on a décidé de faire un coup d’Etat, on ne demande pas d’investiture », se justifie-t-il, allusion aux élections que l’opposition dans son ensemble considère comme un hold-up électoral.

Mais revenons sur cette « équipe de criminels ». Qu’elle est-elle, vraiment ? Dans les régimes dictatoriaux, la disparition « mystérieuse » des opposants est monnaie courante. La Russie ou encore l’Arabie Saoudite, sont en tête du podium. L’on se souvient du tragique sort du journaliste Khashoggi, démembré à l’ambassade du royaume wahhabite en Turquie par un commando venu tout droit de Riyad. Il eut fallut quelques semaines pour que les investigations des autorités turques portent leurs fruits, tant coté Riyad les contre manœuvres n’ont pas été les moindres pour tenter d’enfouir la vérité.

Les pays occidentaux eux utilisent des moyens moins abominables pour se débarrasser de ses éléments gênants. Prenons le cas du français Bob Denard, l’enfant terrible de la Françafrique très connu aux Comores pour y avoir mené plusieurs opérations de coups d’Etat sanglantes. Que dit la presse française à son propos ? « Il avait été dispensé de comparaître pour raison de santé aux deux derniers procès auxquels il devait faire face, en 2006 et 2007, pour une tentative de putsch commise aux Comores en 1995. Bob Denard avait été condamné à quatre ans de prison en appel, dont trois avec sursis pour cet ultime dérapage barbouzard d’une longue liste de coups tordus et de coups d’Etat », rappelle le prestigieux quotidien français Le Monde du 17 octobre 2007, soit cinq jours après sa mort.

Bob Denard était atteint de la maladie d’Alzheimer. Si la pathologie n’est pas rare chez les personnes âgées, le calendrier de de vie et de santé de Bob est plus qu’intrigant. Il est parti alors qu’il devait livrer ses derniers secrets sur ses ouvres dans l’archipel, et était atteint de la maladie d’Alzheimer en 2005, soit un an avant qu’il n’eût comparu. La justice française n’est pas ce machin de Cour de sûreté de l’Etat comorien qui t’oblige à avouer ce que les juges veulent entendre. Denard aurait certainement incendié les services secrets de son pays s’il était présenté à la barre. Ce que Le Monde laisse sous-entendre. « La disparition de celui que l’on a appelé, pendant plus de quarante ans, le « chien de guerre » ou l' »affreux » tourne une page de cette histoire tourmentée et douloureuse de la « Françafrique », celle des réseaux élyséens sur le continent noir et des batailles de l’ombre menées par des soldats d’une armée non officielle ». Il faut avoir des araignées à la place du cerveau pour ne pas comprendre pourquoi le « chien de guerre » a perdu ses mémoires un an avant son procès.

Le colonel Campagnard, opposant farouche d’Azali serait lui aussi victime d’une injection pour lui faire perdre ses mémoires. « Ils injectent des piqûres avec des médecins étrangers de type arabe. Campagnard a eu ce sort, il est sonné », confie une source généralement bien informée. Des proches confirment en effet qu’après sa libération, « Campagnard racontait n’importe quoi » à la maison. « Il était sonné », dans la divagation, racontait des histoires sans queue ni tête, lui qui est réputé par son sérieux d’homme d’Etat et de père de famille. Hassani Hamadi a eu vent de cette nouvelle méthode pour réduire au silence les opposants d’Azali. Il n’a pas attendu qu’il en fasse les frais qu’il est parti avec ses bagages pour se cacher à Paris, en passant par Mayotte. Le matériel utilisé par ces « médecins de type arabe » seraient venus d’Arabie Saoudite, dans l’avion qui a transporté des équipements militaires destinés à l’armée comorienne, le 25 février.


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