Une candidature de Sambi : « sur le plan juridique, elle est tout simplement anticonstitutionnelle »

Achirafi Saïd Hachim veut « changer de République aux Comores » pour « en finir avec le coup d’Etat institutionnel permanent ».

Les Comores vont bientôt renouer avec les élections. L’élection présidentielle doit se tenir début 2016, précédée d’élections primaires dans les îles, fixées cette l’automne. Dans la course à l’investiture, une vingtaine de candidats sont déjà en lice. Cette semaine à Paris, Achirafi Saïd Hachim est venue officialiser sa candidature et présenter une amorce de programme. A 62 ans, l’ancien ministre de l’Intérieur du président Taki, à la tête de la Cadim, son parti politique, fait des institutions comoriennes la principale cause de l’instabilité du pays et le point central de ses propositions de campagne.

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Un référendum pour « réformer les institutions » 

Le candidat fustige tout d’abord le principe de présidence « tournante », qui veut que le président soit issu, à tour de rôle, d’une des trois îles de l’Union. « Une logique insulaire, qui n’est pas démocratique », explique Saïd Hachim, qui considère ce système comme « le piège d’avoir un président qui n’est pas à la hauteur ». « Il faut toiletter la Constitution ». Pour arrêter « le coup d’Etat institutionnel permanent au Comores », le patron de la Cadim prône une refonte complète des institutions. Il faut dire que depuis des décennies, les Comores vivent aux rythmes des incessants conflits de compétences entre les exécutifs des îles (les gouverneurs) eti de l’Union des Comores. Saïd Hachim propose de revenir au système des deux chambres : Assemblée nationale, avec des élections au suffrage direct et un Sénat au suffrage indirect. Un projet que le candidat souhaite soumettre à référendum. Exit donc le confédéralisme, Saïd Hachim plaide pour « une République unitaire et solidaire ».

« Mayotte est comorienne »

Quid des relations avec Mayotte, l’île voisine, sous administration française et que revendique toujours l’Union des Comores ? La réponse est sans ambiguïté : « Mayotte est partie intégrante des Comores. Mayotte est comorienne et je suis donc favorable au retour de Mayotte. Nous allons trouver une solution ». Avant d’affirmer que Mayotte n’était « pas une priorité de son programme ». Ce discours « revendicatif » sur Mayotte est toujours très apprécié aux Comores… mais pas toujours très réaliste. Lors de la dernière visite du président comorien Dhoinine à l’Elysée, le dossier a été abordé… et très vite refermé par François Hollande. « Sur Mayotte, ma position n’est pas une posture, se défend Saïd Hachim, je pense que l’on peut trouver une solution qui convienne à tout le monde. Je rêve d’un Québec comorien ou d’une sorte de province autonome comme Hong-Kong, mais il ne peut pas y avoir de rupture brutale » fini par concéder le candidat.

Sambi candidat ? « J’irai jusqu’au bout ! »

Sur la route de la présidence, Achirafi Saïd Hachim risque de retrouver Ahmed Abdallah Sambi. L’ancien président a rompu il y a deux ans avec l’actuel chef de l’Etat et ancien allié, Ikililou Dhoinine, pour créer son propre parti et rejoindre l’ARP (Alliance pour le renouveau politique), une plateforme d’opposition dans laquelle on retrouve… la Cadim. Les deux candidats pourraient donc se retrouver face à face. « J’irai jusqu’au bout, je ne me retirerai pas ! » tranche Saïd Hachim, « il peut y avoir plusieurs candidats de l’Alliance aux élections ». L’avocat Norbert Tricaud, et conseil de Saïd Hachim est plus tranché sur une possible candidature de Sambi : « sur le plan juridique, elle est tout simplement anticonstitutionnelle ».  L’ancien président Sambi est en effet Anjouanais et ne peut se présenter sur la Grande Comores. L’avocat parisien est déjà sur le pont et étudie tous les recours possibles en justice.

En campagne

La course à la présidence est belle et bien lancée aux Comores. L’un des derniers candidats sérieux à se déclarer n’est autre que le président de l’Assemblée nationale des Comores, Bourhane Hamidou. Saïd Hachim doit retourner aux Comores pour le Ramadan, avant d’entamer le grand congrès de son parti et d’affronter, dès l’automne, les élections primaires dans les îles. La présidentielle est prévue au printemps 2016.

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

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