Une quinzaine de manifestants … et des soupçons de sabotage

​Seule une quinzaine d’agents licenciés de la Fop ont manifesté ce jeudi à Moroni, sur environ 3000 victimes. Parmi les absents, des jeunes dans l’expectative d’une promesse d’embauche. Une manœuvre du gouvernement pour les dissuader de se jeter dans la rue ?

La mobilisation a été faite, pourtant. Dans les journaux comme sur les réseaux sociaux. Ils sont partis une douzaine le matin d’hier de la maison de l’emploi. Une fois en route vers place de l’Independence, quelques miettes les rejoindront. Et la marche finira avec seulement quinze manifestants à la place de l’indépendance, où des badauds viendront écouter leurs cris d’orfraie. Quelle est la raison de ce cuisant échec de la toute première manifestation contre le régime Azali ?

Le président du mouvement, Dhoimirdine Youssouf, se confie à La Gazette des Comores : « Beaucoup parmi les absents ont eu des promesses d’embauche. Raison de leur absence »… Et ce n’est pas faux. D’après une petite enquête menée par La Gazette des Comores à ce sujet, des jeunes qui devaient être parmi les manifestants ont reçu la promesse d’être réintégrés. Au ministère des finances, trois d’entre eux auraient commencé à travailler à partir du mardi dernier, soit l’avant-veille de la manif. D’autres ont reçu l’interdiction de manifester sous peine de voir leurs espérances devenir vaines.


Dans un village de Bambao, une maman n’avait-elle pas suivi sa fille licenciée jusqu’à la route pour la supplier de renoncer à la manif, le matin d’hier ? Tout cela parce que des promesses sont faites par des hauts cadres du gouvernement en place. Ce qu’a compris le président du mouvement qui ne compte pas lâcher prise : « Même à trois nous allons continuer à manifester », persiste cet ancien agent au service de logement, Dhoimirdine.

Il ne fait pas que pleurnicher, le président du mouvement. Il a aussi ses propositions, ses idées à lui pour que le pays se passe de la gabegie administrative qui gangrène l’économie : « Qu’ils nous fassent faire un concours avant les recrutements ». Si seulement cette doléance était attendue, les Comores dont le principal employeur reste l’administration publique réussiraient à faire d’une pierre deux coups : des agents de la Fop méritant leurs postes, mais aussi pour le débarras de la pléthore du personnel.

Toufé Maecha /LGDC 

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