Une situation alarmante de la peste à Madagascar : Les autorités compétentes sont convoquées demain pour la prévention

La peste fait actuellement des ravages à Madagascar. Vingt-quatre décès dont le coach de l’équipe championne de basket seychelloise sont enregistrés. Une réunion extraordinaire est convoquée pour étudier les voies et moyens qui permettront de surveiller, contrôler, prévenir et se préparer. “Il faudra accentuer le contrôle des entrées et sorties dans les frontières” a souligné le responsable du contrôle aux frontières, Ibrahim M’madi.
 
La situation de la peste à Madagascar devient de plus en plus inquiétante. Le gouvernement de la Grande Ile a annoncé des mesures d’urgences pour enrayer l’épidémie qui, depuis le mois d’août jusqu’à lors, a engendré la mort de vingt-quatre personnes dont l’entraineur de la formation seychelloise championne de basket qui s’est rendu à Madagascar pour disputer la Coupe des clubs champions de l’Océan indien (Cccoi) qui se déroule actuellement à Madagascar.
Comme tous les pays voisins de Madagascar, les Comores doivent prendre des mesures appropriées pour contrôler les frontières, mais également se préparer en cas de signalement de la maladie dans le pays. “Toutes les autorités compétentes sont convoquées au ministère de la Santé demain pour voir quelles sont les mesures urgentes et appropriées à prendre pour empêcher la contagion dans le pays”, a indiqué le responsable de la lutte contre les maladies.
Tout le monde est concerné Dr Chamsoudine Mohamed a fait savoir que la réunion étudiera les dispositifs sanitaires et sécuritaires à mettre dans les frontières, les centres hospitaliers et les milieux sociaux. “Il faudra accentuer le contrôle des entrées et sorties dans les frontières, c’est-à-dire, les ports et les aéroports”, a-t-il souligné. Pour cet épidémiologiste, la situation ne concerne pas uniquement le secteur de la santé mais tout le monde.
Voila pourquoi, selon Chamsoudine Mohamed, plusieurs institutions, dont la direction de la sécurité civile (Dgsc), l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm), l’Aéroport international Moroni prince Saïd Ibrahim (Aimpsi), les mairies, le service de santé militaire, l’Organisation internationale de l’environnement (Oie), l’Oms, sont convoqués pour voir comment mener à bien la lutte.
“C’est une lutte qui concerne tout le monde”, a-t-il précisé. Pour sa part, le responsable du contrôle aux frontières, Ibrahim M’madi, a indiqué que pour le moment il n’y a pas eu d’alerte car la maladie n’est pas signalée aux Comores.
Par contre, il a insisté pour montrer que le contrôle devait s’accentuer au-delà de celui qui se fait régulièrement, à savoir la vérification de l’état hygiénique des bateaux, la dératisation, l’hygiène alimentaire et l’état de santé des passagers et de l’équipage, entre autres, sachant que le risque actuel reste le réseau des transports, à savoir les bateaux et les avions.
    On exigera des bateaux aux normes, car, ils peuvent transporter des parasites contaminés, dira Ibrahim M’madi. 
Concernant la population, Dr Chamsoudine Mohamed exige une amélioration des conditions hygiéniques dans les foyers et les places publiques, mais également un soin très spécial des ordures. Pour le moment, cent-quatre cas sont signalés à Madagascar, dont un à Majunga, ce qui veut dire que le risque de contagion dans le pays est faible, selon Dr Chamsoudine “mais pas à négliger”, précise-t-il. 
 
 
La peste est une zoonose, c’est-à-dire une maladie commune à l’homme et à l’animal. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l’Institut Pasteur en 1894.
On la trouve habituellement chez les petits mammifères et les puces qui les parasitent. Les sujets infectés présentent en général des symptômes de type grippal après une période d’incubation de 1 à 7 jours. Il ya deux formes, à savoir la peste bubonique due à la piqure d’une puce infectée.
Il en résulte une inflammation du ganglion avec une tension douloureuse des tissus. Par contre la peste pulmonaire est la forme la plus virulente. 
La durée d’incubation peut n’être que de 24 heures. En l’absence de traitement, cette forme est toujours mortelle.
On appelle, peste septicémique quant l’infection gagne la circulation sanguine, après une peste bubonique ou pulmonaire.
Comme, en l’absence de traitement, la peste peut entrainer rapidement la mort, la précocité du diagnostic et du traitement est essentielle pour la survie et la limitation des complications. Les antibiotiques et le traitement symptomatique sont efficaces si le diagnostic est posé à temps. 

Nassila Ben Ali/Alwatwan 

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