Une soirée très agitée à Mutsamudu

​Deux ressortissants étrangers (un congolais et un malgache) suspectés à tort, « de voleurs d’enfant » ont failli se faire lyncher dans les environs de Lazari, vers 20h00 vendredi.  Une jeune dame du quartier Lazar dit avoir entendu quelqu’un tenter de casser sa porte pour enlever son ou ses enfants. Ses cris auraient fait fuir le cambrioleur et rameuter le quartier. Toute suite des conclusions sont vites tirées par les riverains. Pour eux il s’agit d’un cas de tentative d’enlèvement, comme le mot est courant ces derniers temps à Anjouan. Des témoignages affirment même avoir vu des étrangers roder dans les environs depuis quelques jours.

Ces étrangers suspectés ne seraient en réalité selon des sources que les simples voyageurs en prospection d’opportunités d’affaires avec des locaux. D’autres témoignages parlent d’éventuels candidats au Kwassa vers Mayotte. On ne saura pas peut être pas la vraie version, puisque l’enquête serait déjà close. 

Toute la soirée de vendredi, on a constaté à une montée subite de l’adrénaline dans un bas quartier au nord de la Médina de Mutsamudu. Une foule surchauffée dans son envie d’en finir des auteurs et commanditaires présumés de la psychose d’enlèvement d’enfants à Anjouan, à l’intérieur de la pension, une dizaine de clients, se cloitrent dans la terreur. D’autres sources parlent même d’hystérie à l’extérieur où la foule commencent à saccager les véhicules garaient le long de la résidence. La gendarmerie alertée n’a vite rappliqué sur les lieux pour disperser la foule et extraire les présumés « enleveurs d’enfants ».

Pas sans mal puisque excédée à l’envie d’en découdre avec les suspects, quelques échanges de jets de pierres entre les riverains et la gendarmerie ont abouti par le maintien de l’ordre dans les environs jusqu’au quartier Missiri où des jeunes survoltés à l’envie de se frotter avec les forces de l’ordre avaient érigé des barricades dans les environs de l’Hôtel de ville, pour selon des témoignages, forcer les forces de l’ordre à livrer les suspects.

Là aussi, les forces de l’ordre ont essuyé les jets de galets et des échauffourées aurait duré au moins 2 heures (entre 23h30 et 01h00). Il aura fallu un véritable ratissage nocturne dans le quartier pour que le calme revienne. 

Dès la matinée, la gendarmerie ouvre une enquête, des auditions ont eu toute la matinée et les enquêteurs ont inspecté les lieux. Vers midi les présumés suspects sont relâchés mais forcés d’écourter leur séjour à Anjouan et partir vers Moroni samedi. Selon des sources proches de l’enquête sous le sceau de l’anonymat, « on a rien trouvé d’anormal à ces étrangers. Mais pour des raisons de leur propre sécurité, nous les avons transférés à Moroni ». 

« Pour un grotesque histoire de rendez-vous avec un Kwassa qui aurait mal-tourné ».

Lorsqu’on parle de Lazari et Chitsangani deux quartiers qui vivent en permanence des cas avérés ou non avérés d’enfants disparus, le châtiment à la « Brando » est sous toutes les lèvres. Cela n’a rien à voir avec les étrangers. Les cas relevés ces derniers mois n’impliquent aucun étranger d’ailleurs.

En poussant plus loin nos interrogations sur la récente affaire, il pourrait bien s’agir d’un cas d’immigration clandestine vers Mayotte de ces ressortissants congolais et malgache, mais qui aurait mal tourné. La plage de Lazari – Foumboukouni à Mutsamudu, est connue pour être un grand port de « Kwassa Express » pour Mayotte.

Et si nos hôtes vus ce soir-là dans les environs, s’apprêtaient tout simplement à s’adonner au voyage et le point de départ serait sur cette petite plage au sable noir discrète et sécurisante ? Une hypothèse qui semble convaincre plus d’un à Mutsamudu ce lundi matin. « Un congolais et un malgache dans une pension non loin de Lazari, cela mène forcément à penser qu’il s’agit des candidats pour la traversée vers Mayotte. Mais en pareille situation où plusieurs cas de disparition sont constatés et non-élucidés, on finira toujours par s’imaginer les scenarios les plus souvent dangereux ». Abdou Ali, l’auteur de cette version, est un habitant du quartier Lazari qui dit n’avoir pas fermé l’œil de la nuit de vendredi à samedi « pour un grotesque histoire de rendez-vous avec un Kwassa qui aurait mal-tourné ». 

Selon aussi notre enquête, la dame qui dit avoir entendu quelqu’un qui tentait de forcer sa porte, ne s’agit-t-il pas aussi d’une paranoïaque d’une mère de famille seule au foyer avec ses enfants, car le mari n’étant toujours pas rentré à la maison, s’est imaginer une tentative d’enlèvement ? C’est tout comme, au vu de la proximité de la maison avec la plage, un endroit idéal pour un départ de Kwassa nocturne. Il y a aussi le passage que la dame que nous tairons le nom aurait indiqué avoir entendu des mouvements. Là aussi des questions se posent.

Car il faudra avoir des pouvoirs surnaturels pour ne pas ramasser au passage le tas de métal qui jonche et contourner le quartier et se rendre tranquillement dans son hôtel sans la moindre égratignure. 

Kay, journaliste Comores infos.

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