Violation du décret du chef de l’Etat : Dix neuf Chiites sont en garde à vue à la gendarmerie de Mutsamudu

Les chiites d’AnjouanDix neuf Chiites sont en garde à vue à la gendarmerie de Mutsamudu depuis vendredi dernier. Le groupe a été arrêté dans leur Markazī (lieu de prière) après avoir accompli la prière du vendredi. Ces religieux chiites étaient sur le point de faire un Maoulid lorsque les forces de l’ordre ont débarqué. Le procureur de la république, Abdallah Riziki a refusé de commenter cette arrestation jugée arbitraire par les chiites.

La Gazette a rencontré ces hommes de l’Imam Djaffar Soikik (Imam des Chiites) à la gendarmerie de Hombo ce samedi. Leur maître spirituel, Oustadh Mahamoud Ibrahim Abdallah Ibrahim déclare à la presse que « cette arrestation est arbitraire, dans la mesure où, on était restreint chez moi et on ne faisait aucune propagation ». Ce fils du premier président du mouvement séparatiste de Ndzouani a appuyé qu’« on était sur le point de faire un Maoulid, lorsqu’ils ont débarqué chez moi et arrêté mes amis».

Motivés, les hommes de Mahmoud Abdallah, semblent contents de goûter à cette épreuve. Ils mangent, ils boivent, ils prient et racontent des belles histoires à la presse sans la moindre crainte. Pourtant, ils sont au courant de leur transfert au parquet de Mutsamudu ce lundi. On dirait qu’ils prennent les choses à la légère, car ils disent « suivre le chemin droit, puisqu’ils ne font que défendre la descendance du prophète Muhammad SAW » et indiquent que « Dieu est avec nous et nous savons qu’il y a eu une grande fitna (zizanie), mais Dieu est Tout Grand et Puissant».

Ils sont accusés d’avoir violé le décret du chef de l’Etat. L’article 2 interdit officiellement toute pratique ou propagation d’une autre idéologie religieuse, autre que le sunnisme. Le commandant du groupement de gendarmerie confie à La Gazette que « ce maître religieux a été convoqué ici et notifié de cette interdiction. Pourtant en allant sur place ce vendredi, mes hommes ont découvert le contraire. On a rapidement obéi à l’ordre de nos supérieurs ». Et le lieutenant Charafou ajoute qu’ « on a confisqué leur radio de propagande».

Cette station de radio, connue sous le nom d’Alkaym FM, émettait 24h sur 24. Ces derniers temps, l’antenne était animée par des enseignements religieux de l’ancien président Sambi. « Cette station ne diffusait que des vérités », insiste un adepte du chiisme à la gendarmerie.

Un juge chiite, connu sous le nom du juge Rafiki, originaire d’Ouani, a écrit à la Cour constitutionnelle, à l’Assemblée Nationale et à la Présidence de l’Union, tout en montrant que le décret signé par le président de la république est avant tout « inconstitutionnel » vu l’article 18 de la constitution des Comores. Et un autre juge de qualifier ce décret de fait politique.

Nabil Jaffar (HZK-Presse)

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