Violences faites aux femmes et aux enfants : Trois questions à Aida Nourdine, présidente de Subuti Wambe

On a l’impression que la plateforme de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, lancée en décembre 2011 à Moroni, est en veilleuse….?

La  plateforme Subuti wambe (Osez dire, en comorien) est mise en place au niveau régional en 2010 par la Coi (Commission de l’Océan indien), puis au niveau national et insulaire. Comme c’est le cas pour toute naissance d’association, on a besoin de temps pour sa vulgarisation. Toutefois le bureau sortant s’est beaucoup battu à travers quelques actions pour la faire connaitre. (…)

A part le  bureau national dont je suis la présidente, nous avons trois antennes insulaires et travaillons en étroite collaboration avec le Commissariat général au genre, à travers la direction nationale du genre, les cellules d’écoute, la justice, la gendarmerie, l’hôpital, la société civile surtout l’Ong (Organisation non gouvernementale) Hifadhui et l’Unfpa (Fonds des Nations unies pour la population] et l’Unicef [Fonds des Nations unies pour l’enfance).

Cette plateforme, comme son nom l’indique, est le réseau de toutes les associations et Ong œuvrant pour la lutte contre les violences. Je profite donc pour appeler les partenaires susmentionnés à adhérer à la plateforme afin que l’on puisse devenir plus fort, parce que ce n’est qu’ensemble qu’on pourra vaincre.

La plateforme est une initiative de la Coi, soutenue par le Système des Nation unies. Comment compte-t-on la pérenniser?

Pour mettre fin à ce fléau, on n’a pas automatiquement besoin de fonds pour y arriver. Les partenaires au développement nous appuient, Dieu merci, mais nous savons tous qu’il s’agit d’un changement de comportement. On peut avoir tout le financement du monde, mais nous allons toujours échouer tant qu’on ne prend pas conscience que chacun de nous a un rôle très important à jouer dans ce combat. Nous devons s’unir pour faire des Comores un pays sans violence. Donc, pour pérenniser cela, nous allons  impliquer tous les acteurs (justice, sécurité, parents, ulémas, gouvernement, medias, société civile, communes….) pour que tout le monde se sente responsable. Ainsi, la pérennisation va se faire toute seule.

Aida_Nourdine__

Quels sont les défis pour l’avenir de la plateforme?

Après avoir bien vulgarisé cette plateforme, nous allons multiplier la sensibilisation à travers nos associations, former et recycler nos partenaires. Nous allons plaider pour la nomination du point focal Vbg [violence basée sur le genre] dans les communes, la justice et les hôpitaux. Nous allons également plaider pour le recrutement de psychologues dans les trois cellules d’écoute des îles pour la prise en charge judiciaire et médicale des victimes ainsi que le reste des enfants que l’Unicef ne peut pas prendre en charge.

 

Propos recueillis par Sardou Mouss / Alwatwan

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