Vol à la Caisse de retraite: les artistes demande justice pour Sitti Thourayat

Détenue depuis plus de quatre mois et sans obtention de réponse favorable aux trois demandes de mise en liberté provisoire soumises par son avocat, le collectif ne comprend pas le motif de ce refus apposé constamment à leur collègue. Face à leur incompréhension, au cours de cette lettre ouverte, le collectif des artistes rappelle au chef de l’Etat qu’en Union des Comores et dans le reste du monde démocratique, tout détenu dans une affaire dont l’enquête est en cours peut bénéficier d’une mise en liberté provisoire sauf en cas de danger de fuite, d’influence des témoins ou de trouble à l’ordre public.

Placée en détention provisoire depuis le 3 janvier dernier suite à une affaire de vol de 18 millions de francs comoriens perpétré à la Caisse nationale de retraite de Comores, le collectif des artistes comoriens demande que justice soit faite pour leur collègue, Sitti Thourayat Daoud. Dans cette procédure, l’inculpée est poursuivie pour des faits d’abus de confiance et détournement de fonds. Déterminé à obtenir justice, le collectif réuni au Centre de création artistique et culturelle des Comores (Ccac) a adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat pour que justice soit rendue. Le collectif fait part dans ce courrier de son inquiétude quant à l’avenir et l’état de santé de leur collègue artiste. “Sans motif valable, la justice s’acharne à maintenir cette jeune femme au parcours pourtant exemplaire en détention dans des conditions très difficiles. La justice refuse l’accès aux soins à Sitti Thourayat Daoud, alors qu’elle est asthmatique”.

Détenue depuis plus de quatre mois et sans obtention de réponse favorable aux trois demandes de mise en liberté provisoire soumises par son avocat, le collectif ne comprend pas le motif de ce refus. Ces demandes n’ont jamais abouti alors que “tous les autres inculpés dans cette affaire ont été relâchés, en particulier le gardien présent la nuit du vol, le chef comptable et le chef du recouvrement”. Face à leur incompréhension, au cours de cette lettre ouverte, le collectif des artistes comoriens rappelle au chef de l’Etat qu’en Union des Comores et dans le reste du monde démocratique, tout détenu dans une affaire dont l’enquête est en cours peut bénéficier d’une mise en liberté provisoire sauf en cas de danger de fuite, d’influence des témoins ou de trouble à l’ordre public. “Sitti Thourayat Daoud ne correspond à aucune des trois exceptions mentionnées, elle doit donc être traitée selon les dispositions de la loi comme tous ses concitoyens”. Pour obtenir justice, le collectif demande au chef de l’Etat que lumière soit faite sur cette affaire où plusieurs failles ont été décelées. Nous ne pouvons pas laisser la corruption, le mensonge et l’injustice l’emporter sur le professionnalisme, l’intégrité et l’engagement.

Faire éclore la vérité

S’interrogeant sur la valeur des lois face à ce qu’il qualifie d’injustice, le collectif demande le genre de message que le chef de l’Etat “entend apporter aux 600 mille jeunes comoriens âgés de moins de 25 ans”. Au terme de ce courrier, le collectif demande au chef de l’Etat, de les “entendre et d’agir pour la résolution rapide de cette affaire”.
Agée de 29 ans, la jeune artiste a depuis 2010 occupé le poste d’aide-comptable à la Caisse nationale de retraite des Comores. Après une formation en sciences économiques à l’Université des Comores où elle a obtenu sa licence et son master, la jeune femme a effectué un stage dans le service de comptabilité de la Mutuelle d’épargne et de crédit ya Komori (Moroni).

En parallèle à ses activités professionnelles, Sitti Thourayat est artiste amateur. Comédienne et membre du Ccac, elle a joué plusieurs pièces de théâtres dont “Mon patron et Moi” de Mounir Ahamada Hamza. Grace à son talent artistique, elle a été boursière du gouvernement français en 2013 dans le cadre du programme “CultureLab” au festival d’Avignon. Elle est également depuis plusieurs années l’égérie de la styliste comorienne d’origine malgache, Mireille Rasoamiaramanana et travaillait également sur le feuilleton radio avec la plateforme comorienne des femmes en politique, dans le cadre d’un projet pour favoriser l’engagement des jeunes femmes en politique aux Comores. Et le 3 janvier dernier, sa vie a basculé après le vol de 18 millions dans le coffre-fort de la Caisse nationale de retraite.

Mariata Moussa / Alwatwan

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