Wu Jingliang : “Aux Comores, les projets issus des huit nouvelles mesures du Fcsa sont exécutés dans de bonnes conditions”

La cinquième Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine (Fcsa) se tiendra très bientôt, les 19 et 20 juillet à Beijing. Pouvez-vous nous présenter un peu ce mécanisme de coopération?

A la veille de cet événement, je suis donc très heureux d’avoir cette occasion pour aborder, avec vous, toutes les questions liées aux relations sino-africaines. La Chine et les pays amis africains avaient pris l’initiative de lancer la création du Fcsa en octobre 2000. Au cours de ces douze dernières années, quatre conférences ministérielles et un sommet ont été tenus dans le cadre du Forum. De nombreux sous-forums ont été mis en place, portant sur l’agriculture, la législation, la jeunesse, les échanges entre les peuples et le “think tank“, élargissant ainsi les domaines de collaboration et enrichissant le contenu de la coopération sino-africaine.

Qu’est ce qui rend la relation sino-africaine aussi dynamique et distincte des autres?

Par rapport à d’autres pays, la Chine est surtout très attachée à la globalité de ses rapports avec l’Afrique. Elle n’a jamais géré ses relations avec les autres pays en fonction de leurs tailles ou de s richesses. Parallèlement, les relations de la Chine avec les organisations régionales africaines, surtout avec l’Union africaine (Ua), sont devenues un nouvel élément fort des relations sino-africaines. Le projet du Complexe de conférences et de bureaux de l’Ua, réalisé grâce à l’aide chinoise, en témoigne.

Qu’est-ce que le Fcsa nous a apporté sur le plan économique et social ?

Les actions de suivi du Fcsa, axées essentiellement sur les huit nouvelles mesures, ont été mises en oeuvre de façon active. Parmi lesquelles, l’annulation des dettes, la décision sur le tarif douanier nul, les crédits préférentiels et le crédit spécial pour aider au développement des Pme africaines ont été mis en oeuvre l’une après l’autre. Aux Comores, les projets issus des huit nouvelles mesures du Fcsa sont exécutés dans de bonnes conditions. Nous avons envoyé une mission technique agricole, en 2009, pour effectuer un séjour d’un an et soumettre un rapport de développement stratégique agricol au gouvernement comorien. Le projet d’hôpital de Bambao vient d’être lancé en mai et celui de trois écoles primaires, dont une par île, va démarrer très prochainement. En matière de lutte contre le paludisme, nous n’avons jamais cessé d’apporter nos appuis, illustrés notamment par la mise en service du Centre d’anti-palludisme et plusieurs dons de médicaments et matériels de laboratoire. De surcroît, nous allons faire un pas d’essai dans le domaine d’énergie nouvelle en fournissant 500 systèmes mobiles d’énergie solaire aux foyers comoriens.

Et sur le plan culturel et les échanges personnels?

Pendant l’année scolaire 2010-2011, le nombre des bourses gouvernementales chinoises, accordées aux étudiants africains, ont atteint 5.710. L’objectif annoncé par la Chine lors de la quatrième Conférence ministérielle du Fcsa a ainsi été accompli avec deux ans d’avance. D’ailleurs, l’Université des Comores est prête à ouvrir une Classe Confucius en son sein et les préparatifs sont en cours. A présent, l’Institut Confucius et la Classe Confucius ont été ouverts dans vingt-un pays africains dont le nombre a été porté à vingt-huit. Actuellement, quarante-sept étudiants comoriens bénéficient, actuellement, de bourses gouvernementales chinoises, et ce chiffre va augmenter encore dans les années à venir. En matière des ressources humaines, nous invitons chaque année une centaine de fonctionnaires et techniciens comoriens de divers milieux à se rendre en Chine pour des séminaires ou formations: 124 en 2011 et encore plus cette année.

Qu’est-ce qu’on peut attendre de la cinquième Conférence ministérielle du Fcsa?

Cette cinquième Conférence ministérielle, la première du genre depuis l’entrée du Fcsa dans sa deuxième décennie, est une rencontre importante qui permet d’assurer la continuité et le développement des relations sino-africaines et qui fait l’objet d’une haute attention de la Chine comme de l’Afrique. Les ministres des Affaires étrangères et les ministres chargés de la coopération économique de cinquante pays africains ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine participeront à la Conférence. Du côté des Comores, Mohamed Ali Soilihi, vice-président chargé des Finances, et Mohamed Bakri, ministre des Relations extérieures et de la Coopération, y participeront avec trois hauts fonctionnaires. Lors de cette Conférence, les deux parties travailleront autour du thème “Consolider les acquis et ouvrir de nouvelles perspectives pour le nouveau partenariat stratégique sino-africain“ pour réaliser les objectifs suivants: premièrement, évaluer, sur tous les plans, la mise en oeuvre du suivi de la quatrième Conférence ministérielle de 2009; deuxièmement, explorer les modes et moyens permettant d’approfondir leur nouveau partenariat stratégique pour faire avancer le développement du Fcsa; troisièmement, identifier les domaines prioritaires de leur coopération et les grandes mesures à prendre pour les trois ans à venir et élaborer un plan d’action à cet égard; quatrièmement, échanger des vues sur les questions internationales et régionales d’importance majeure pour mieux préserver et élargir leurs intérêts communs.

Quels sont les résultats attendus après cette cinquième Conférence?

Quant aux résultats concrets de la cinquième Conférence ministérielle du Fcsa, deux documents seront publiés: la Déclarationde Beijing et le Plan d’action de Beijing (2013-2015). Lors de la cérémonie d’ouverture, le président Hu Jintao annoncera, au nom du gouvernement chinois, les nouvelles mesures envisagées par la Chine dans de multiples domaines tels que l’investissement, le financement de projets, l’aide, l’intégration africaine, la paix, la sécurité ainsi que les échanges populaires pour renforcer sa coopération avec l’Afrique. Je suis convaincu que grâce aux efforts conjugués de part et d’autre, cette Conférence sera certainement couronnée d’un plein succès pour porter le nouveau partenariat stratégique sino-africain à un palier plus élevé.

Propos recueillis par Msa

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