XIIe édition de la Ccchoi : Pourquoi les Comores ont fait piètre figure à Antananarivo?

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La douzième édition de la Coupe des clubs champions handisports de l’Océan Indien a révélé les carences de la sélection nationale, battue à toutes les épreuves et éliminée de la compétition sans avoir pu s’imposer devant aucun de ses adversaires. Pourquoi les Comores, considérées avant le début du tournoi, comme l’une des valeurs sûres du handisport régional (elles avaient remporté auparavant des médailles d’or), a fait une si piètre prestation ?

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L’entraineur de l’équipe nationale de basketball sur fauteuil avance des raisons de timing du voyage Moroni-Tana. «Notre délégation a été partagée en deux. La première est partie le 29 novembre, la seconde le 5 décembre, soit l’avant-dernier match des qualifications. Nous avons livré nos deux premières rencontres avec un groupe incomplet qui manquait de pions comme Papa Ahamada», explique-t-il. Un autre facteur aurait aussi joué en défaveur: la fatigue. Une partie de la délégation a, en effet, rallié Antananarivo par la route, à partir de Majunga, soit 12 heures de trajet.

Selon le basketteur Hassani Ahamada, les Comoriens n’y pouvaient rien dans ces conditions. «Nous avons fait presque une heure de vol. Aussitôt atterris à Majunga, on a pris le bus pour Tana. Peu après notre arrivée dans la capitale malgache, on a été invité à jouer contre les Mauriciens», a-t-il précisé.

Au tennis en fauteuil, notre pays avait tout simplement été déclaré forfait. Le jeune sourd muet Massim Papa a décidé de ne pas jouer. Aussitôt après avoir été présenté par le speaker du gymnase d’Ampefiloha, il a fait signe à l’arbitre qu’il n’était pas prêt à engager le combat. «Massim m’a indiqué par la main qu’il n’était prêt à jouer.

Donc il a abandonné. Il a répété le même geste maintes fois pour me faire comprendre qu’il se déclarait en quelque sorte K.O. Il a tourné le pouce vers le sol, soit le contraire de OK», a déclaré l’arbitre du match, Olivier Razafimahandry.

La compétition a été finalement remportée par le Mauricien, Nooreshan Alleare. Il a battu en finale le Malgache Herry Rajaonarivo en s’imposant dans deux sets sur trois. «J’ai gagné par le score de 6-3, 3-6 et 6-3. C’est mon premier titre depuis plus de trois éditions. C’est ma compatriote Véronique Harisson qui a gagné la troisième place derrière le Malgache», a fait savoir l’heureux champion.

Les officiels de l’équipe comorienne de tennis ont du mal à expliquer le geste de Massim. A en croire le basketteur Ibrahim Touffael, ‘‘on nous a dit que Massim était privé de jouer parce qu’il ne présentait aucun handicap’’. D’autres se demandent si l’officiel du match avait bien assimilé le signe du joueur. Ce à quoi il répond : ‘‘J’enseigne des enfants sourds-muets. Je ne pouvais guère me tromper sur le signe exprimé par le joueur comorien».

Envoyé spécial Elie-Dine Djouma / Alwatwan

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