Zalhata Mbinga (Mma Lassurance),une légende

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Plus populaire que Mma Lassurance, il n’existe pas à Moroni et même dans le pays. Elle est devenue célèbre grâce à son verbe et son ascension dans les organisations féminines de la capitale. Zalhata Mbinga de son vrai nom, est aussi une autodidacte qui a fait sa vie dans le commerce. Gros plan sur cette légende.

Affaiblie par l’âge et fatiguée par plusieurs années d’activité, Mma Lassurance présente un parcours atypique. Zalhata Mbinga de son vrai nom, c’est l’histoire d’une femme battante et illettrée qui s’impose professionnellement et socialement. A 20 ans, elle commence à vendre des poissons au marché de Moroni aux cotés de sa soeur. Doucement mais sûrement, elle bâtit son empire. Alors que sa première activité prolifère, elle s’est lancée dans l’importation du prêt-à-porter. « J’ai vendu un collier en or de ma fille pour voyager. J’ai commencé par Djeddah. J’ai acheté des vêtements et des chaussures pour les revendre à Moroni », martèle Mma Lassurance avec la même poigne. Animée d’une politique d’expansion et de diversification, elle saute d’un avion à l’autre pour se rendre en Afrique du Sud, Kenya, Maurice et en Tanzanie pour s’approvisionner. Un journaliste qui l’avait croisé à Nairobi dans les années 90 affirme que « Mma Lassurance était parmi les premiers comoriens à explorer le marché de Dubaï ». Cette même source n’a pas caché « son étonnement par rapport à l’intelligence de cette femme surtout illettrée ». salwa

Plus les années passent, plus Mma Lassurance étend son champs d’action. « J’ai fini par payer ma propre vedette pour faciliter la pêche des poissons. J’ai aussi payé une voiture pour faire un taxi. J’ai été parmi les premiers à faire taxi à Moroni. A l’époque, on payait 50 francs comoriens pour aller à Iconi. D’ailleurs, cette voiture, je l’ai revendu après avoir recouvert mon argent », murmure-t-elle cette mère de 7 enfants. Des enfants qui sont aujourd’hui sa fierté.  » Aujourd’hui, je peux m’enorgueillir d’avoir élevé seule avec succès sept enfants. Sans leur père, les 2 garçons sont devenus dentiste et ingénieur. J’ai construit pour toutes mes filles avant de les faire marier », se gratifie-t-elle.

Mais on ne peut pas parler de Mma Lassurance sans évoquer le micro car ils sont indissociables. Durant plus de 30 ans, elle a animé avec ambiance les cérémonies féminines du grand mariage à Moroni. Il fut un temps, un mariage sans elle, était un mariage sobre. « Je me souviens pas quand est-ce que j’ai commencé mais j’ai aimé la confiance que m’avaient donné les femmes de Moroni », reconnaît-elle. Aujourd’hui, elle n’intervient que rarement parce que « certaines personnes ont tenté de l’écarter » mais elle reste positive. Actuellement, elle ne quitte que rarement sa maison pour les cérémonies de mariage. Depuis une dizaine d’année, elle a cessé le commerce parce que « fatiguée » mais surtout grâce à ses enfants qui lui ont demandé de se reposer. Elle vit paisiblement sa retraite mais toujours sollicitée par les politiques pour mettre de la « sauce » dans les meetings car elle garde le même verbe malgré l’âge.

Salwa Mag avec Nass Info

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