21e anniversaire du Visa Balladur

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Le 18 janvier 1995, le gouvernement français dirigé à l’époque par Edouard Balladur avait décidé d’entraver la circulation des personnes dans l’archipel des Comores en imposant un visa d’entrée à Mayotte aux habitants des trois autres îles comoriennes (Mohéli, Anjouan, Grande Comore). L’introduction de ce visa Balladur a interdit la libre circulation des personnes entre l’île de Mayotte et le reste de l’archipel des Comores. Ce sinistre visa fête ce mois de janvier 2016, ses 21 ans d’existence. Ce visa divise un archipel,  un peuple, des familles et cause surtout la mort de plusieurs milliers de personnes. L’instauration de ce visa participait à la lutte contre ce que les français appellent « l’immigration clandestine ». Et pourtant, cette lutte engagée depuis près de deux décennies par le gouvernement français à Mayotte contre les mouvements de population entre Anjouan et Mayotte demeure un échec cuisant, un non-sens qui n’a fait que favoriser « l’immigration dite clandestine » et engendrer la mort de plusieurs milliers de personnes. Les chiffres parlent d’eux même : la population de Mayotte est passée de 130.000 habitants en 1997 à près 212 600 en 2012. Cette population a ainsi augmenté de 26 200 habitants depuis 2007, soit 5 240 habitants de plus en moyenne chaque année. Elle a presque triplé depuis 1985. A l’horizon 2015, cette population attendra 500 000 habitants selon les prévisions de l’Etat français. Depuis l’instauration du visa, la plupart des autres habitants de l’archipel qui arrivent à Mayotte, ne retournent plus dans leur île d’origine comme auparavant.

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Ce triste «  visa Balladur »  est soutenu par toute la classe politique mahoraise et les gouvernements successifs français. Certains élus français ont eu le courage de critiquer ce visa de la mort. Le député Noël Mamère, avait dénoncé  dans un long article rédigé sur sonblog derue89.com le visa Balladur. « La France de Hollande, barricadée à Mayotte, bafoue le droit international en continuant d’appliquer dans toute sa dureté les règles découlant du visa Balladur. Depuis 1994, plus de 8 000 morts ont ainsi été dénombrés dans le bras de mer de 70 km de large qui sépare l’île d’Anjouan de Mayotte », a rappelé Noël Mamère em octobre 2013. « Les flux migratoires ne sont pas des invasions, mais des mouvements de population normaux dans un monde ouvert », a précisé encore sur son blog le maire de Bègles en Gironde. La délégation de la commission des lois du Senat français qui s’était rendue à Mayotte en mars 2012 avait dans ses conclusions, constaté l’échec de la politique de la reconduite à la frontière pratiquée à Mayotte et avait préconisé la révision pure et simple du « visa Balladur » qui limite la circulation des personnes entre Mayotte et les trois autres iles de l’archipel des Comores. Mais Alain CHRISTNACHT, Conseiller d’État français chargé par le gouvernent français d’évaluer et de faire des propositions sur les règles applicables à l’entrée et le séjour des étrangers à Mayotte a suggéré le maintien de ce visa en septembre 2012. Il avait affirmé après sa visite dans l’archipel que l’abrogation du visa Balladur n’était pas la solution pour lutter contre l’immigration clandestine dans l’ile de Mayotte. Une suggestion reprise par le Président Hollande lors de sa visite aux Comores au mois d’aout 2014 qui a évoqué  « l’impossibilité de faciliter la liberté de circulation entre Mayotte et les autres iles de l’archipel ».

Ainsi, le triste visa Balladur continuera à causer des morts et encore des morts durant des années dans le bras de mer qui sépare l’île de Mayotte d’Anjouan.

Comoresdroit

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