Discours du Ministre des affaires étrangères à la cérémonie d’ouverture du comite mixte Comores-France

Le Ministère des Affaires Etrangères que j’ai l’honneur de diriger est particulièrement heureux de vous accueillir tous, à l’occasion de cette cérémonie d’ouverture des travaux de la 6ème commission mixte franco-comorienne.

Aussi, en cette heureuse occasion, permettez-moi, au nom du Gouvernement de l’Union des Comores, et en mon nom propre, de souhaiter la bienvenue dans notre pays à la délégation française, conduite par Monsieur Rémi MARECHAUD, Directeur d’Afrique et de l’Océan Indien au Quai d’Orsey.

Monsieur le chef de la délégation et cher ami,

Namkaribu hunu komori, bienvenue en Union des Comores.

Votre présence ici aujourd’hui, votre délégation et vous-même revêt pour nous tous une importance particulière.

Elle traduit la volonté affichée par nos deux pays, au Sommet, de donner  un renouveau à notre cadre de coopération, et une impulsion porteuse d’espoirs dans la redynamisation de notre action commune.

Une volonté réaffirmée par nos deux chefs d’Etat, lors de leurs différents échanges, de rehausser davantage le cadre de nos relations bilatérales.

De mon côté, j’ai eu l’occasion de rencontrer mon homologue, Son Excellence Jean Yves le DRIAN, le 12 septembre dernier et d’échanger sur des sujets d’intérêt commun.

Dans le sens de suivre les orientations tracées à haut niveau, nous nous étions convenus de tenir la commission mixte à cette date. Aussi, je me réjouis de voir qu’en dépit de nos calendriers chargés, cette rencontre qui établit un nouveau cadre de notre coopération a pu se tenir dans les délais convenus.
Je saisis d’ailleurs l’occasion, pour dire à Mme l’Ambassadrice de France, combien il m’est un plaisir de constater que, peu de temps après son arrivée aux Comores et sa prise de fonction, en qualité d’Ambassadrice Extraordinaire et Plénipotentiaire de son pays ami en Union des Comores, l’opportunité nous est offerte de tenir la 6ème commission Mixte, 12 ans après celle de 2005.

Les secteurs prioritaires retenus d’un commun accord dans le cadre de ces travaux cadrent parfaitement avec notre SCA2D, justement révisée, en vue de l’adapter aux réalités actuelles et aux exigences de cette nouvelle vision de l’émergence du pays.
Je dois dire aussi combien cette rencontre augure de belles perspectives, pour un avenir de notre relation bilatérale tournée vers le dynamisme, l’innovation et la concrétisation d’une nouvelle vision, où notre partenariat marquera une empreinte à la hauteur de sa grandeur.

Oui, le dynamisme, car dans cette relation France-Comores, plus que jamais, l’action devra primer sur tout, le concret devra être le mot clé.

Ensuite l’innovation, car désormais, la relation France/Comores devra se détacher de la vision qui a traditionnellement prévalu, pour devenir un cadre de dialogue permanent, clair et constructif, un espace de recherche des voies appropriées qui, tout en renforçant notre amitié et notre coopération, nous sortiront progressivement du cercle vicieux et de la contradiction qui marque notre partenariat.
Ce partenariat qui doit également s’inscrire et épouser la nouvelle vision du Gouvernement, celle de l’émergence des Comores d’ici à l’horizon 2030.

Cette ambition du Chef de l’Etat comorien, Son Excellence Monsieur AZALI Assoumani, soutenue par le peuple comorien qui aspire, comme tout autre peuple, à une paix durable, et à un développement socio-économique harmonieux, devra bénéficier de l’appui de tous nos partenaires.

Le Plan d’Investissement Quinquennal adopté pour répondre à cet objectif majeur est évalué à 470 milliards de francs comoriens.

La France, en sa qualité de premier partenaire de notre pays, ne devra  évidemment pas être absente au rendez-vous.
Dans cette optique , la 6ème commission Mixte franco-comorienne devra servir de levier pour amorcer une nouvelle ère  de notre  coopération bilatérale , car la France, en sa qualité de premier partenaire au développement des Comores depuis plus d’une quarantaine d’années, a non seulement un rôle décisif à jouer dans ce nouvel élan, mais devra également marquer son apport, en investissant dans des secteurs d’intervention , pour des actions d’envergure nationale .

Je remercie, pour ce faire, au nom du Gouvernement comorien et en mon nom personnel, et en ma qualité de chef de la Diplomatie, ayant entre autres, la charge d’œuvrer pour la mobilisation des ressources nécessaires au développement du pays, tous nos partenaires bi et multilatéraux, pour leur accompagnement constant.
Aujourd’hui, d’une façon toute particulière, je remercie la France pour cet apport considérable, pour contribuer à mettre l’Union des Comores, sur les rails de l’émergence.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les défis qui se posent à notre monde aujourd’hui exigent plus de solidarité et d’engagement.

Aussi, notre relation franco-comorienne est d’autant plus essentielle à redynamiser qu’elle comporte un élément à ne pas perdre de vue et qui doit peser dans la nouvelle vision à donner à notre partenariat. Je veux parler de la diaspora comorienne établie en métropole et ailleurs et qui constitue un atout dans son apport au développement socioéconomique de notre pays mais aussi un trait d’union fort entre comoriens et français, puisque la majorité des 300 000 comoriens résidant en Hexagone sont en même temps français.
Nous devons par conséquent travailler sur la manière de créer les meilleures conditions pour que cette diaspora puisse tirer profit de sa double  appartenance à la France et aux Comores et qu’elle puisse ici et en France trouver sa place et jouer un rôle positif au sein de la société.

Par ailleurs, cette commission Mixte a la particularité d’enregistrer la présence de frères et sœur maorais.

En ce qui concerne l’Union des Comores, la démarche voulue d’accepter et d’accueillir des représentants de Mayotte répond à sa volonté de rapprochement avec nos frères, avec lesquels, sans conteste, nous sommes liés par le sang, la religion, la culture, les données ethno géographiques et j’en passe.
Nous retrouver pour échanger sur le devenir de cette relation qui place les maorais au centre du débat n’est pas à notre avis de nature à nuire à aucune démarche pour rechercher une solution apaisée au différend qui nous oppose à la France.

Faciliter les échanges culturels et commerciaux, rapprocher nos jeunes des quatre îles, nos artistes et nos joueurs, à travers des manifestations diverses, aura pour avantage de briser les barrières existant entre nous et qu’il nous faut lever progressivement, pour aller vers un meilleur renforcement du tissu socio-culturel comorien, dans son sens le plus large.

L’Union des Comores évolue dans un environnement sous régional, régional et continental qui fait d’elle un pays non isolé, en dépit de son insularité.
Son appartenance à la COI, au COMESA, à la SADC et à l’Union Africaine place le pays au sein d’une tribune large où elle peut faire la promotion des valeurs indianocéaniques.

A cet effet, le rapprochement de Mayotte des autres îles sœurs de l’archipel lui permettra de s’insérer et de tirer avantage de cette position de notre pays.  

Je salue donc la présence parmi nous de nos frères et sœur maorais, et je vous dis avec beaucoup d’enthousiasme, cher frères et sœur, que vous êtes chez vous et que l’avenir de nos quatre îles, nous devons le bâtir ensemble. Vous et nous avons certes subi les aléas de l’histoire politique de notre pays, mais le politique ne devrait, en aucun cas, occulter les autres réalités qui font de nous un même peuple, partageant un destin commun, quel que soit ce qui nous sépare et qui ne saurait être plus fort que ce qui nous unit.
Combinons le droit, le bon sens et les réalités de l’époque, en préservant les précieux acquis du passé commun, en valorisant ce que nous offre le présent, pour reconstruire le futur sur une base solide, où le simple discours n’a plus de place. Allons vers le concret, puisqu’au sommet, la volonté de faire le chemin ensemble y est.
Dans le renforcement de cette relation franco-comorienne, je m’adresse à vous, Mme l’Ambassadrice et cher amie, pour réitérer toute ma disponibilité à étroitement collaborer avec vous, pour la réussite de votre mission aux Comores, dans le souci de donner un nouvel élan à ce partenariat et d’en faire un modèle à la hauteur des attentes de nos peuples respectifs.

Je ne saurais évidemment pas terminer mon propos, sans dire un grand merci à nos équipes des deux parties qui ont efficacement travaillé pour la réussite de cette commission mixte. L’Agence Française de Développement à travers son Directeur à Moroni, le Département de la coopération de l’ambassade de France et tous les services impliqués dans la préparation de cette importante réunion méritent à notre égard notre reconnaissance.
Je me tourne vers vous, Monsieur l’Ambassadeur Mahamoud SOILIH, chef de la délégation technique de la partie comorienne, pour vous dire tout simplement à vous et à votre équipe, grand merci ! Parce que vous le méritez !

C’est donc confiant en l’avenir de nos relations bilatérales  et dans  les progrès à venir que je déclare ouverts, les travaux de la 6ème Commission Mixte franco comorienne.

Vive la Coopération franco-comorienne,

Vive la Coopération Internationale!

Je vous remercie.

Amine Soeuf

1 commentaire sur Discours du Ministre des affaires étrangères à la cérémonie d’ouverture du comite mixte Comores-France

  1. La justice comorienne et les enquêteurs de la gendarmerie et la police sont les problèmes les plus importants de notre société.

    Depuis un certains temps ces trois départements nous procurent de la nausée. En effet, la manière dont ils fonctionnent n’assure pas la cohésion sociale et encore moins la paix sociale. Or, dans un pays où les Actes abominables, des viols,des pillages et des comportements insensés sont devenus monnaie courante.
    Ce dysfonctionnement est-il lié à l’arrivée au pouvoir de ces bandits y compris, Azali assoumani Mougabe, Soefou Elamine, KIKI, Idaroussi, Djanfar et les autres ?
    D’abord les juges ont une part de responsabilité de ces criminels de haut niveau. Ce qui nécessite une formation adaptée à ces derniers pour bien travailler. Ensuite, il est urgent de bonifier la plus petite partie de juges qui veulent traîner ces voyous dans les bancs des accusés.

    La médiocrité ambiante des juges, des gendarmes et des policiers nous donnent vraiment de la nausée. Car, si leurs travaux sont insignifiants c’est par ce qu’ils ont une formation de piètre qualité. Ces derniers ne maîtrisent pas leur sujet. D’où les décisions judiciaires totalement incohérentes et mal motivées. De surcroît, toute décision administrative, judiciaire ou autre doit faire l’objet d’une motivation dans un état de droit. Cela, permettra aux deux parties eu égard de la décision du tribunal de comprendre pourquoi telle décision. Et pourtant, nous sommes loin de cette réalité. En effet, en lisant une décision rendue par la justice, nous avons tendance à se dire qu’il s’agissait d’un devoir philosophique d’un élève moyen de terminal.
    Bref, nous déplorons la mainmise de ces criminels en tête il y a azali assoumani Mougabe, mais les juges ont une part importante de responsabilité. Même si personne ne peut nier la pression hiérarchique, mais, un juge doit avoir le sens du devoir accompli. Dans la mesure où vous avez des obligations qui vous incombent. Un juge ne doit pas craindre sa hiérarchie.
    D’abord, il dispose le droit de refuser un acte qui pourrait porter atteinte à l’intérêt public. Mais, si le juge ou l’enquêteur accepte d’être influencé par ces brigands nauséabonds, il engage indéniablement sa responsabilité. Et sa complicité est avérée. C’est pourquoi ces juges et enquêteurs doivent être formés car, leur formation n’est pas adaptée à la globalisation judiciaire. Vous savez que le monde judiciaire se glisse petit à petit vers des textes communs. Et, si leurs études deviennent de plus en plus de piètre qualité, nos tribunaux seraient guidés de loin par ceux qui ont du sang dans leur main comme azali assoumani Mougabe.
    Si la formation est une nécessité pour que la justice trouve son autonomie, les moyens d’existences pourraient réduire les conneries des juges et les enquêteurs.
    Sans lire Max Weber « le savant et le politique », nous savons tous que le fonctionnaire à besoin d’une sécurité. l’État doit le prendre en charge de la naissance jusqu’au tombeau. Puisque souvent,la corruption est une conséquence profonde de la misère humaine. Celle ci, pousse le gendarme, le policier ou le juge à mettre en liberté un violeur en échange d’une somme d’argent. Rappelons nous que l’ancien chef d’État major qui n’est autre aujourd’hui que le dictateur local azali assoumani Mougabe avait utilisé les mêmes méthodes qu’aujourd’hui pour arnaquer les soldats. Il diminuait les salaires de l’armée auxquels ils étaient tellement squelettiques mais comme c’est un obnubilé d’argent, il ne voyait pas.
    Aujourd’hui, le Trésor public est transféré à Mitsoudje pour mieux se bonifier. Mais, Rousseau nous a expliqué la phrase suivante :  » le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et obéissance en devoir ».
    Celui, qui cherche son bien être sans se soucier aux autres, il regrettera. C’est pourquoi Baudelaire disait que » si l’idée de la vertu et de l’amour universel n’es pas mêlée à tous nos plaisirs, nos plaisirs deviendront remords et tortures ».

    Il est donc temps de mettre la vertu au service de tout le monde. La formation des fonctionnaires est primordiale notamment celle des juges et des enquêteurs. Il faut aussi renforcer les moyens d’existences de l’enseignement des fonctionnaires.
    Sinon, rien ne changera dans ce pays. Imani.

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