Abbas se prononce pour une exhumation du corps d’Arafat

 

Mahmoud Abbas à Ramallah, le 11 novembre.

 

Dans un discours à Ramallah, le président palestinien Mahmoud Abbas s’est dit favorable dimanche 11 novembre à une exhumation pour élucider la mort de l’ex-dirigeant historique Yasser Arafat. « Nous sommes actuellement en contact avec les enquêteurs français, les experts suisses, ainsi que le gouvernement russe, pour ouvrir le mausolée du président Yasser Arafat », a précisé M. Abbas.

Il a demandé à Moscou de fournir des enquêteurs et des experts, lors de sa rencontre la semaine dernière avec le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov. « Cette question est plus vaste et plus importante que le vacarme médiatique qu’en a fait Al-Jazira », a estimé Mahmoud Abbas, en référence au documentaire de la chaîne qatarie diffusé en juillet. Il dévoilait la présence de quantités anormales de polonium sur des effets personnels d’Arafat confiés par sa veuve, Souha, qu’Al-Jazeera a fait analyser par un laboratoire suisse. Le neveu d’Arafat et président de la Fondation Yasser Arafat, Nasser al-Qidwa, a réitéré samedi son rejet d’une exhumation.

RÉACTION « HYSTÉRIQUE » D’ISRAËL

Abbas a également confirmé son intention de demander devant l’ONU l’élévation de la Palestine au statut d’Etat non membre. « Nous allons à l’ONU en novembre 2012, pas en 2013 ni en 2014 », a dit M. Abbas, coupant court aux spéculations sur un report sous les pressions, notamment américaines. « La réaction hystérique d’Israël à notre entreprise à l’ONU est due à sa volonté de poursuivre l’occupation, et nous subissons des pressions ces jours-ci de plusieurs parties, mais nous ne renoncerons pas à cette juste demande », a-t-il assuré, y voyant « la seule voie pour faire face à l’assaut de la colonisation et sauver la solution à deux Etats ».

La représentation palestinienne à l’ONU a dévoilé jeudi un projet de résolution qui « réaffirme le droit du peuple palestinien à l’autodétermination » et demande à l’Assemblée générale, où la majorité requise lui semble acquise, d’accorder à la Palestine le statut d’Etat non membre, tout en appelant à la reprise rapide des négociations de paix.

Israël a d’ores et déjà annoncé son intention de contrer le projet palestinien. Le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman a réuni dimanche les diplomates israéliens en poste dans l’Union européenne pour établir la réponse à « l’initiative palestinienne », selon un communiqué officiel. Selon un sondage publié dimanche, 48 % des Palestiniens considèrent que la démarche à l’ONU bénéficiera à la cause palestinienne, contre 12,2 % de l’avis opposé.

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*