Abdou : itinéraire d’un entraîneur gâté

Entré en fonction au mois de janvier 2014, le chef du service jeunesse à la mairie de Bon-Encontre, entraîneur de Golfech (DH) le week-end, est devenu le sélectionneur de l’équipe nationale des Comores (dont il est originaire) au beau milieu de l’hiver européen. Né à Moroni voilà 44 ans, Amir Abdou a donc vu son destin partir en contre-attaque pour une chevauchée que l’ancien buteur de l’EBBE, Agen et Villeneuve-sur-Lot n’a pas cru bon renier. Bien lui en prit puisqu’il dirige désormais la 143e nation au classement FIFA. «Nous étions 197e à mon arrivée, rappelle le jeune technicien. À force de travail et grâce à quelques résultats, les Comores ont progressé sur l’échiquier mondial.» Plus encore que son positionnement, c’est sa 1ère victoire depuis son affiliation à la FIFA en 2006 qui a propulsé la petite sélection issue de l’Océan Indien dans les lumières de l’actualité. «En mars dernier, nous avons effectivement battu le Bostwana 1 à 0 chez nous lors d’un match rocambolesque, explique Amir Abdou. Sur une pelouse synthétique gorgée d’eau en raison d’une pluie diluvienne, porté par 12000 supporteurs proches de l’hystérie dans un stade de… 4000 places et après plusieurs interruptions, on finit par s’imposer. C’était du délire !»

Sélectionneur à temps complet

Tombé sous le charme de cette Afrique quittée très jeune, coach Abdou a déjà mené ses troupes aux qualifications de la CAN et de la Coupe du Monde dans ces ambiances colorées, bruyantes et passionnées qui en font toute la saveur. «Le souvenir le plus fort reste notre participation aux qualifs du Mondial 2015. Nous éliminons le Lesotho (NDLR : 0-0 puis 1-1) et affrontons le Ghana en suivant. On fait 0-0 à domicile et l’on perd 2-0 chez eux devant 50000 spectateurs sur un but notamment de Jordan Ayew.» L’histoire des Comores est en marche et les couleurs vert, jaune, blanc, rouge et bleu du drapeau national en passe de gagner la reconnaissance tant espérée sur le continent africain. Les performances établies doivent beaucoup à l’implication de joueurs tels le gardien Ali Ahamada (ex Toulouse, aujourd’hui en Turquie), Djamel Bakar (Charleroi), Kassim Abdalah (AC Ajaccio), Ben Fardou (Olympiacos) ou Rafidine Abdoulah (Cadix) pour ne citer que les plus populaires. «J’ai dû convaincre 25 expatriés de venir en sélection dans un contexte peu favorable. Car notre fédération est jeune et manque singulièrement de moyens, précise Abdou. Notre ambition se borne à devenir une équipe qui compte.»

Sélectionneur à temps complet, titulaire du DESJEPS et bientôt de l’UEFA Pro, le Bon-Encontrais s’est mis en congé de ses responsabilités de fonctionnaire territorial. «Le métier que j’exerce aujourd’hui m’offre une certaine visibilité. Mon contrat avec les Comores court jusqu’en mars 2017 et le début des qualifications pour la prochaine CAN. J’espère continuer dans le football en Afrique, auprès d’une sélection ou d’un club. L’engouement y est tellement fort !» Le dandy de Golfech a réussi à exporter son talent. Prononcé, son goût pour l’aventure s’est avéré un facteur d’intégration prépondérant.

face au gabon mardi prochain

La sélection des Comores disputera deux matches amicaux en l’espace d’une semaine au stade olympique de Tunis. Vendredi 11, l’équipe d’Amir Abdou jouera contre le Togo de Claude Le Roy avec Emmanuel Adebayor et Alexis Romao dans ses rangs. Mardi 15, elle sera opposée au Gabon de Pierre-Emerick Aubameyang, le prolixe attaquant de Dortmund. La trêve internationale sera donc mise à profit par les Comoriens pour essayer de gagner quelques places au classement de la FIFA puisque les résultats des rencontres amicales entrent dans le calcul.

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