« Aboudou Soefo justifie « sa » tournante ». L’a-t-il fait vraiment ?

La tournante : parlons-en*

« Aboudou Soefo justifie « sa » tournante ». L’a-t-il fait vraiment ? Sincèrement, je ne le crois pas. Il a, à mon avis, restitué des éléments d’histoire récents que ceux qui n’avaient pas suivi la crise séparatiste de 1997 à 2001 ignorent totalement. La tournante était le consensus de l’époque pour parvenir à sauver ce qui restait – et reste encore aujourd’hui – de l’unité nationale afin de ne pas laisser les séparatistes aller jusqu’au bout de leur « logique » : casser les Comores, briser leur unité nationale et servir des desseins étrangers.

Je ne voudrais pas revenir sur ce qu’a déjà écrit Aboudou Seofo dans un poste récent sous ce titre que nous avons repris* ci-dessus. Je me dois de préciser, toutefois, que le mauvais accord conclu à l’époque pour aboutir à la tournante était plutôt mieux qu’une intervention militaire à l’époque.

L’on pourrait rétorquer que Sambi l’a fait et l’a réussi. Pourquoi Azali ne l’aurait pas réussi ? « Et pourquoi pas Taki, serais-je tenté de demander en guise de réponse ? ». Aboudou Soefo a expliqué pourquoi ceux qui dirigeaient – il en faisait partie – l’Etat à l’époque n’avaient pas choisi l’option de la force. Je ne veux pas juger leur appréciation et leur analyse de la situation du moment pour arriver à la décision qu’ils avaient prise.
Mais à mes yeux, il n’y a pas que cette seule explication. Il y a aussi le fait, n’ayons pas peur des mots, que le natif d’Anjouan, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, ne saurait être taxé de Mgazidja qui voulait « tuer » les Wandzuwani. Une opération militaire avec Azali aurait abouti à un pays éclaté, Anjouan étant susceptible à l’époque de prendre la tangente sous ce faux et fallacieux prétexte.

Mohamed Hassani

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